mardi , 15 juin 2021
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Les précisions apportées par l’ambassadeur Jean Marc Châtaigner, le seul à avoir remis ses lettres de créance à Andry Rajoelina, clarifie la position de Paris sur l’impasse politique à Madagascar. Une souveraineté totale pour appliquer ou non les sanctions ciblées prononcées par l’Union Africaine, responsabilité partagée par les quatre mouvances dans l’échec de l’application des accords signés… voilà des propos qui doivent rassurer la HAT.

Sanctions internationales : la HAT peut compter sur la France

La France prend note de la demande du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine et  l’examine. Cette demande consiste à appuyer fermement la décision de prendre des sanctions ciblées contre 109 personnalités de la HAT. Selon, l’ambassadeur Châtaigner, « la France n’est pas directement liée par les décisions du CPS de l’UA puisqu’elle n’est pas membre de cette organisation, pas plus que l’Union Européenne ne l’est ». Elle n’est pas prête de prendre des sanctions contre la HAT malgré la recommandation du Groupe International de Contact (GIC) dont elle fait partie.

Cette réserve de l’Hexagone a un motif : chaque pays du GIC reste souverain en ce qui concerne Madagascar dans sa prise de décision à venir. La France est donc libre, en cas de persistance de l’impasse actuelle, de prendre ou non « les dispositions qui s’imposent, y compris de nouvelles sanctions, à l’encontre de tous ceux qui font obstacle au processus de retour à l’ordre constitutionnel » à Madagascar. Jean Marc Châtaigner va jusqu’à briser la certitude d’une sanction imminente de l’Union Européenne qui va être débattu au Conseil des ministres des Affaires Etrangères. « C’est un processus long au terme duquel la décision de prise de sanctions doit obtenir l’unanimité des 27 membres de l’UE pour qu’elle soit appliquée par l’ensemble de ses membres ». L’ambassadeur français rappelle ainsi que si Paris n’est pas d’accord pour sanctionner la HAT, c’est toute l’Union qui ne le sera pas.

Pour l’ambassadeur Châtaigner, l’on peut débattre «  de l’efficacité de nouvelles sanctions pour résoudre la crise malgache » mais en tenant compte des « responsabilités de l’échec des négociations dans la mise en place des accords de consensus qui sont largement partagées ». Les trois mouvances qui selon lui ont passé un accord «unilatéral» de Maputo III et le président de la Haute Autorité de la transition qui a décidé de réorganiser seul le régime de transition sont tout aussi responsables de cette impasse. Les deux parties ont contredit l’acte additionnel d’Addis Abeba. 

« La France s’efforce, depuis le début de cette crise de trouver, à l’instar de la communauté internationale, une solution consensuelle entre les différentes parties prenantes pour un retour à l’ordre constitutionnel ». Jean Marc Châtaigner réfute toute insinuation selon laquelle Paris constitue un blocage à la résolution de la crise malgache. L’ambassadeur ne peut toutefois empêcher les observateurs de suspecter la partialité de la France qui protège son favori. En tout cas,  le diplomate réitère que son pays n’agit pas seul et cherche toujours en liaison avec toutes les parties concernées et l’ensemble des membres du Groupe International de Contact à « ramener la stabilité politique et l’établissement d’un ordre démocratique durable à Madagascar ».