mardi , 9 août 2022
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Fanfaronnades, défiance, petites « déclarations de guerre »... les réactions du chef de la HAT depuis la résolution du sommet de la Troïka de la SADC le 08 décembre 2012 ont été de plus en plus radicales. Alors que Andry Rajoelina a misé sur la propagande et la pré-campagne électorale interdite sauf pour lui-même pour narguer l’organisation régionale qui tenterait de soutenir Marc Ravalomanana dans sa volonté de rentrer au pays et de se porter candidat à la présidentielle, les choses ont changé quand le président en exil s’est laissé convaincre par le président Tanzanien Kikwete de ne pas se présenter. Dépassé par les évènements, celui qui a pris le pouvoir en 2009 ne peut que durcir sa position pour tenter d’y rester.

Toujours candidat virtuel, Andry Rajoelina adopte un double langage avec la SADC

Andry Rajoelina n’a pas pris la même « sage » décision que Marc Ravalomanana puisqu’il a pu gagner du temps. Lors de sa rencontre avec le président Tanzanien Jakaia Kikwete à Dar es-Salaam, les deux parties se sont entendues « sur la nécessité de poursuivre les consultations auprès des partenaires concernés afin de conclure sur la question avant la fin du mois de décembre 2012 ».

La question se porte évidemment sur la résolution du Sommet de la SADC du 08 décembre 2012, à savoir le retour au pays du président en exil Marc Ravalomanana et la non-candidature aux élections présidentielles des deux protagonistes de la crise, dont Andry Rajoelina.

Officiellement, Andry Rajoelina est reconnaissant envers la SADC pour l’engagement de celle-ci à maintenir les élections aux dates prévues et à convier la communauté internationale à participer aux financements des scrutins programmés en 2013 à Madagascar.

Le communiqué conjoint loue l’entente cordiale entre les deux chefs d’Etat dans ces discussions en toute fraternité. La réalité est tout autre puisque, aux yeux de la SADC, Andry Rajoelina n’est pas un vrai chef d’Etat et ne doit pas le devenir tout de suite en raison de son coup d’Etat en 2009 et son rôle majeur dans la crise politique à Madagascar.

Avant de s’envoler vers Dar Es Salam, celui qui exige qu’on l’appelle le président de la Transition et revendique son statut de chef d’Etat légitimé par un soutien populaire a eu des mots pleins de défiance envers la SADC. « La décision de la SADC ni la déclaration de Marc Ravalomanana ne changent ce que j’ai en tête », a-t-il déclaré.

« Patriote, jaloux de la souveraineté nationale, je n’accepterai jamais qu’un pays ou une organisation internationale désigne ceux qui vont se porter candidats pour diriger notre pays ». Andry Rajoelina a qualifié la résolution du Sommet de la SADC qui l’empêcherait d’être candidat comme « une forme de colonisation indirecte ». Comme toujours, le putschiste de 2009 associe sa candidature malgré ses forfaits avant et pendant la transition comme un droit au nom de la souveraineté du peuple malgache.

En clair, Andry Rajoelina était parti pour défendre sa candidature aux élections. « Toutes les personnes qui remplissent les conditions peuvent se porter candidat, laissons le peuple malgache choisir celui qu’il souhaite à la tête du pays ».

De retour de Dar es-Salaam, le chef de la transition n’a pas fait une déclaration de candidature ni une prise de position officielle. Il a toutefois donné un indice lors de l’inauguration du Stade Maki dédié au rugby, le 15 décembre 2012 : « Madagascar deviendra un champion avec Andry Rajoelina » à la troisième personne bien entendu.

L’inauguration de quelques constructions rapides à visée de propagande et la victoire des 15 makis dans le championnat d’Afrique B suffiront-elles à s’octroyer un statut de champion quand on a plongé le pays dans la crise et la pauvreté durant 4 ans de mandat volé. Le Coliséum d’Antsonjombe n’a pas pu contenir une foule convaincue.