samedi , 24 juillet 2021
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La Haute Autorité de la Transition navigue à vue. Malgré la réticence de ses principaux opposants, Andry Rajoelina a choisi d'avancer. Et risque d'aller droit au mur. Car la réunion qu'il a qualifiée d'atelier national est en passe de devenir une simple réunion de zélateurs qui vont le pousser à commettre davantage d'erreur d'appréciation.

Un atelier national qui devient un rassemblement de zélateurs

Quelque 2000 participants ont répondu à l’appel de la HAT. Ils sont présents au centre de conférence internationale d’Ivato pour participer à l’atelier national convoqué par le jeune putschiste. Des partis politiques et des associations qui ne partagent pas le même point de vue que la HAT sont venus, mais ils sont largement minoritaires. On peut citer le Grad Iloafo, le Monima et le parti fédéraliste de Madagascar. En face, d’eux des militants zélés de Rajoelina qui veulent fixer la date des élections et peaufiner les textes juridiques y afférent.

Dans certains cas, ce sont des chefs de région, rois des zélateurs de Rajoelina, qui ont désigné les représentants de leur contrée à l’atelier. Le nombre des participants rappellent en tous cas celui du meeting du chef d’Etat autoproclamé sur la place du 13 mai en début 2009. A en croire qu’on a juste rappelé certains d’entre eux pour cautionner les résolutions de l’atelier. Certains partis politiques ont déjà annoncé qu’ils ne vont pas signer les conclusions de la réunion mais viennent sur place pour s’exprimer, pour faire savoir leur prise de position.

Même au sein de la HAT, on doute de la nécessité de cette énième rencontre où l’on va beaucoup palabrer. Blanche Nirina, partisane de Rajoelina et présidente du comité de suivi des assises nationales, trouve que cette réunion est de trop, car il fallait se focaliser sur la conférence nationale après les assises régionale et nationale. 

Les mouvances Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy, elles, ont boycotté la rencontre d’Ivato, la qualifiant d’initiative « unilatérale ». « Ce qui importe le plus c’est ce qui a été signé à Maputo et à Addis-Abeba, que veut de plus la mouvance Andry Rajoelina » a affirmé Bary Rafatrolaza de la mouvance Marc Ravalomanana.

L’atelier national sera une nouvelle occasion pour la HAT de confirmer sa volonté de détenir les rênes de la Transition, qui sera alors loin d’être « neutre », « inclusive » et « consensuelle » comme stipulé par les accords de Maputo. C’est une nouvelle rencontre qui ne permettra pas, sans nul doute, de résoudre la crise politique malgache. Elle a pourtant coûté 40 millions d’Ariary.