vendredi , 21 janvier 2022
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Une opposition désunie met la pression sur le président
Le président a choisi le populisme comme meilleur refuge. Accompagné de sa femme, il a récemment procédé à la distribution de produits de première nécessité à des familles en difficulté dans la capitale.

Une opposition désunie met la pression sur le président

Depuis son arrivée au pouvoir, Hery Rajaonarimampianina n’a cessé de perdre des alliés. Un grand nombre de ses anciens collaborateurs ont basculé dans l’opposition. L’ex-chef de la Transition, Andry Rajoelina, qui a fait élire le président, a été le premier à être mis sur la touche. Très récemment, le TIM de l’ancien président, Marc Ravalomanana, a annoncé son basculement dans l’opposition. Mais cette opposition reste pour le moment désunie, et, naturellement snobée par le président.

La mise en place d’une nouvelle plateforme dénommée « Forces de changement » a attiré l’attention. Elle regroupe des formations politiques de l’opposition assez hétéroclites. Et propose au président de la République une « cogestion des affaires nationales », avant l’échéance électorale de 2018.

Un projet de convention,  à l’image de celle de 1991, quand la rue a réclamé le départ du président de l’époque, Didier Ratsiraka, a été élaboré.

« Nous allons soumettre la convention au président Hery Rajaonarimampianina, pour qu’il y appose sa signature », affirme l’un des leaders du mouvement. La grande différence entre 1991 et 2017 est toutefois énorme, et les membres des « Forces de changement » le reconnaissent. En 1991, il y avait la pression de la rue, il y avait la tuerie du 10 août, il y avait six mois de grève générale qui ont mis à genou l’économie du pays : Didier Ratsiraka n’avait plus le choix que d’accepter la convention du 31 octobre, en vue d’un partage de pouvoir et d’une transition de deux ans avant les élections.

Actuellement, l’opposition est restée désunie, malgré un début de ralliement d’autres forces qui n’ont jamais fait partie de ceux qui revendiquent un changement radical au pays. Le grand absent de cette plateforme est sans doute le TIM de Ravalomanana. « Le ralliement du TIM est souhaitable » selon des anciens membres du parti qui ont intégré la plateforme. Toutefois, étant donné que de nombreux tombeurs de Marc Ravalomanana, en 2009, figurent à la tête de la plateforme, le ralliement de l’ancien président devrait nécessiter d’important travail de couloir.

Pour sa part, Marc Ravalomanana a mis l’accent sur la nécessité de la relance du processus de réconciliation nationale avant les élections de 2018. Pour le moment, Hery Rajaonarimampianina a choisi de se limiter à écouter uniquement la voix de sa conscience. Les opposants doivent patienter.