dimanche , 23 juin 2024
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Pour avoir diffusé en intégralité les propos de l’ancien président Didier Ratsiraka, la chaîne de télévision du maire de la capitale, Andry Rajoelina a été interdite de diffusion pour un temps indéterminé. Les réactions divergent.

Viva Tv interdite de diffusion, un journaliste en fuite

La décision d’interdiction de diffusion de la chaîne appartenant à Andry Rajoelina, le maire d’Antananarivo, a provoqué un débat houleux. Dans un communiqué, le président du conseil de l’Ordre des journalistes, Rufin Rakotomaharo, a condamné la fermeture de la chaîne privée tout en invitant les propriétaires de stations audiovisuelles et les journalistes à être responsables de leurs actes.

Après la diffusion sur la Viva Tv, pendant une quarantaine de minutes, le soir du 13 décembre, des propos de l’ancien président Didier Ratsiraka lors d’une réunion dans son domicile à Paris, la décision ministérielle a été sans équivoque. La décision n°02108- MTPC stipule dans son premier article : «Suite à la diffusion par la chaine de Télévision VIVA d’un enregistrement contenant des propos de l’ancien Chef de l’Etat Didier Ratsiraka réfugié en France dans son journal télévisé du samedi 13 décembre 2008 vers 20 heures, lesquels propos étant susceptibles de troubler l’ordre et la sécurité publique, la chaîne de télévision VIVA est interdite de diffusion».

Depuis la nuit du samedi, c’est donc le black-out sur Viva Tv. Depuis le début de la semaine, Jean Paul Randrianiaina, le journaliste à l’origine de la diffusion des propos de Didier Ratsiraka sur la chaîne Viva, est en fuite. Il est tout simplement introuvable, craignant une éventuelle arrestation.

En réaction à la fermeture de Viva Tv, un club des journalistes privés anime une émission spéciale sur Viva Radio, qui n’est pas concernée par la décision ministérielle, tous les matins. Il est question de défendre la liberté d’opinion et d’inviter les auditeurs à s’exprimer librement.

La logique du bras de fer semble engagée ainsi actuellement entre le propriétaire de Viva, Andry Rajoelina, et l’Etat malgache. Pour le moment, les deux parties campent sur leur position respective. En attendant un éventuel dialogue.