Jeudi , 14 décembre 2017
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Artisanat : les cornes de zébu se raréfient en raison des exportations
Les cornes de zébus sont transformées en produits très divers par des artisans talentueux.

Artisanat : les cornes de zébu se raréfient en raison des exportations

Des artisans Malgaches sont très doués pour la transformation des cornes de zébus en différents objets et articles plutôt attrayants.

Sur les marchés artisanaux, acheteurs locaux et touristes étrangers sont généralement fascinés par la transformation de la corne en bijoux divers, en couverts ou en objets décoratifs en tout genre et en jouets. Des bagues, des colliers, des bracelets, des pendentifs, des boucles d’oreilles, des cendriers, des dés, des dominos etc. Il n’y a presque pas de limite pour la transformation des cornes à zébu dans la Grande Ile.

Toutefois, au cours des derniers mois, les artisans se plaignent : « Les matières premières sont de plus en plus rares et coûtent de plus en plus chères, en raison des exportations de cornes de zébu vers la Chine », explique Hanta, commerçante, qui est régulièrement informée des difficultés rencontrées par les artisans pour se procurer de cornes.

Ces difficultés sont nécessairement répercutées sur le prix de vente des produits artisanaux en cornes de zébu. Pourtant, ces produits continuent d’attirer. Les louches et autres couverts en cornes sont omniprésents dans la plupart des foyers malgaches, pour des raisons pratiques et esthétiques. Faciles à manier, de faible poids, mais pourtant assez résistants, et vendus à des prix abordables depuis des décennies, les ustensiles de cuisine fabriqués en cornes étaient depuis longtemps très familiers dans les foyers à travers le pays. Mais la donne risque de changer avec les exportations de cornes.

Anthropologues et sociologues réfléchissent sur la question. « Les exportations de cornes vers la Chine m’attriste. Notez que pour nous Malgaches, le zébu est un animal emblématique, présent dans tous les aspects de la vie, pour ne citer que les naissances ou autres festivités ainsi que les funérailles. Notez aussi, que pour un bœuf abattu, pratiquement rien ne se perd, que ce soit pour l’alimentation ou pour la transformation en produits artisanaux, mais avec les exportations, toutes ces pratiques risquent la désacralisation », a réagi un artiste.

En attendant d’éventuelle prise de conscience, les artisans, les commerçants et les consommateurs devront s’adapter à la nouvelle situation. D’autant que les exportateurs et les collecteurs ne pensent pas pour le moment lâcher ce nouveau filon assez juteux, en raison de la forte demande en Chine.

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