Vendredi , 16 novembre 2018
enfrit
Le premier sommet des pays riches après l'attaque de l'Irak par les Etats-Unis a débuté dimanche à Evian, petite ville encastrée entre les montagnes et le lac Léman, à 60km de Genève. Interrogations autour de ce sommet.

G8, les mondialistes en état de guerre

Tout le monde (les médias français en particulier) se posait la question de savoir si Georges et Jacques allaient s’embrasser… rassurez-vous ils se sont seulement serrés la main. Pour Jacques, il s’agissait de faire oublier son anti-américanisme de ces derniers mois. Pour Georges, il suffisait de montrer qui est le maître. Mais, j’aimerais aller au delà de ces scènes de théâtre et vous parler de l’ambiance qui prévalait dans la région.


Ambiance de siège


Autour d’Evian, et également en Suisse, à Genève et à Lausanne, comme sur toutes les rives du lac Léman, c’est l’Etat de Siège depuis une semaine. Des hélicoptères, des avions de l’armée, des missiles sont déployés sur les hauteurs, les rives du lac et dans le ciel. Les routes sont barrées dans un rayon de 30km. Près de 30’000 hommes ont été mobilisés pour la sécurité du sommet. A Genève, l’ordre a été donné de reboucher les nombreux travaux en cours afin de ne pas donner aux manifestants l’occasion de ramasser pierres et pavés. La population de Genève a pratiquement déserté la ville du fait de la psychose véhiculée par les médias locaux. Les magasins ont été barricadés derrières de grands panneaux de chantiers jaunes qui se sont rapidement transformés en « post-it » géants. (voir www.tdg.ch)


Le G8


Les participants au G8 sont les riches de ce monde, ceux qui mènent le bal, ceux qui décident de l’avenir du monde, ceux qui ont le pouvoir et surtout ceux qui poussent le monde à l’ultra-libéralisme et à la « mondialisation ». (voir http://www.geneve.ch/g8/bref/sommet_evian.html) Pour des pays pauvres et endettés comme Madagascar, ce sont toujours les mêmes interlocuteurs qui dictent largement la politique nationale. Même si le nouveau Président malgache a montré son attachement aux valeurs de son pays et à la défense des plus pauvres, il n’en reste pas moins enchaîné, par sa fonction, aux volontés des grandes puissances.
Il me reste de ces quelques jours « au sommet » une impression de malaise global: « les riches nous ont volé le monde ». En démocratie, nous, le peuple, sommes supposé être les souverains. Mais la démocratie a bon dos lorsqu’on sait que de nombreux membres du G8 au pouvoir le sont dans des conditions douteuses et risquent, une fois leur mandat échu, d’avoir affaire à la justice de leur pays. Georges W. Bush est arrivé au pouvoir dans des conditions très douteuses. Jacques Chirac n’a été élu que pour barrer la route à Le Pen. Tony Blair n’a pas la cote dans son propre parti. Et je ne vous parle pas de Berlusconi, de Poutine et des autres…


Manifestations


Ce sont ces constatations qui ont poussés de nombreuses associations « alter-mondialistes » à appeler à de grandes manifestations à Lausanne et à Genève contre un sommet « illégitime » (voir http://www.antig8.org). Ces manifestations ont réuni au total plus de 100’000 personnes dans une ambiance calme aux slogans de « Halte à l’invasion de l’Irak », « Bush de là », « Abolissez la dette », etc. Parallèlement, une centaine de « casseurs » en ont profité pour incendier quelques véhicules, casser des vitrines et stations essence. La police pourtant en sur-effectif est restée pratiquement impuissante devant ces actes rapides et isolés.


Madagascar, NEPAD, PPTE, G21 et G8: en une phrase


Madagascar n’a pas été invitée à Evian. Mais elle était représentée par quelques membres du NEPAD (le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique) dont elle fait partie. Le NEPAD et l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) sont les deux programmes actuellement à la mode au G8. Ces remèdes sont actuellement appliqués à Madagascar. A en croire les organisations de lutte contre la dette, ce ne sont que de nouvelles farces… Mais nous y reviendront. (voir http://users.skynet.be/cadtm/pages/francais/ppte.htm)


Lula


Je terminerai par une lueur d’espoir. Le président du Brésil. Fort de son passé de gauche et de la taille de son pays, tente de suggérer aux grands de ce monde des « solutions » pour une véritable réduction de la pauvreté. (voir http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3220–321813-VT,00.html) Affaire à suivre…