Jeudi , 14 décembre 2017
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Pierres précieuses : Le Nord dans la tourmente
La carrière de Didy attire des milliers de miniers qui prennent beaucoup de risque.

Pierres précieuses : Le Nord dans la tourmente

Les autorités publiques sont débordées par une nouvelle ruée vers les carrières de pierres précieuses dans le Nord de la Grande Ile, dans les environs de la localité d’Ambanja.

A l’image de ce qui se passe dans toutes les exploitations minières artisanales, quelquefois anarchiques et dangereuses, l’effervescence a atteint de nouveau le Nord du pays.

On parle de gisement de saphir et de grenat, notamment, dans cette partie de l’île où quelques centaines de miniers se sont déjà rués au cours des dernières semaines.

Le Nord de Madagascar a un potentiel de gisement non encore exploité en matière de pierres précieuses, tout comme certaines autres régions du pays. Les premières découvertes et les premières fouilles fructueuses engendrent ainsi naturellement une ruée spectaculaire.

Il y a quelques années, c’est dans la périphérie d’Ambatondrazaka, dans le centre Est de Madagascar, notamment dans la commune de Didy, que la ruée vers les pierres précieuses a fait rage.

« Tout s’y effectue à ciel ouvert. La notion d’hygiène n’y a aucun sens, avec tous les risques que cela suppose, mais c’est la quête de la pierre qui prime avant tout », témoigne un minier qui a passé quelques semaines à Didy. « Certaines carrières se trouvent au milieu de nulle part, sans aucun réseau téléphonique et sans autre forme de contact avec le reste du pays », explique-t-il.

Mais les difficultés et l’inconfort des carrières n’ont jamais pu empêcher les chercheurs de pierres précieuses d’aller encore plus loin.

L’exemple le plus parfait, dans le pays, est celui de la ville champignon d’Ilakaka, au centre Sud de Madagascar, dans le plateau d’Ihorombe, en matière de potentiel de gisement de pierres précieuses. Vers 1998, Ilakaka a été un village de paysans avec, à peine, une vingtaine de cases. Mais la ruée vers le saphir en a fait le plus gigantesque gisement de pierres précieuses à ciel ouvert dans le monde, avec une ville anarchique d’environ 60 000 habitants.

Le cas d’Ilakaka pourrait bien se reproduire à n’importe quel endroit du pays, quand la pierre précieuse est là. D’où l’inquiétude dans les environs d’Ambanja, au Nord de l’île.

Madagascar, grâce à ces carrières, produisent actuellement environ 15% des saphirs mis sur le marché mondial. C’est une arme à double tranchant, car les exploitations s’effectuent souvent dans l’informel. Et ce ne sont pas toujours ceux qui risquent leur vie dans les carrières qui gagnent le plus d’argent. Mais ces activités ont fait dire à un joaillier parisien à des ressortissants malgaches : « toutes les pierres précieuses que je commercialise viennent de Madagascar ».

 

 

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