Jeudi , 14 décembre 2017
enfrit
Les petits pêcheurs du grand port de Toamasina
Petite pirogue et à la nage, la pêche est dure sur les rives du Port

Les petits pêcheurs du grand port de Toamasina

Tous ces efforts pour rien. Il n’y aura pas de poisson dans le filet. « On doit se déplacer vers le sud, les poissons se sont sans doute réfugiés dans la baie plus près du port ». C’est une décision sage qui démontre une certaine expérience, comme l’explique Michel : « cette pêche est très physique puisqu’on lutte contre les éléments, déployer le filet puis le tirer à la force des bras vers la plage, c’est très fatigant. Nous ne pouvons pas répéter les mêmes efforts au même endroit ». D’autres équipes de pêcheurs sont déjà en train d’opérer sur les lieux. Contrairement à Michel et à ses acolytes, elles ont déjà quelques kilos de poissons.

« On a à peine 2 kilos de poissons par prise, il faut dire que c’est de plus en plus rare dans les eaux du Port », confie François, 26 ans. Dans une journée faste, l’équipe repart avec une cuvette remplis de poisson, soit une douzaine de kilos. C’est à partager par six personnes à parts inégales. « Parfois nous vendons nos prises, parfois nous les consommons, dit-il. Ces poissons sont consommables ». Comme ses collègues, il n’en fait pas son métier, car « cela ne ferait pas vivre la famille ». C’est un complément de revenu, mais c’est aussi un passe-temps, un sport. « Si on veut vraiment pêcher comme des professionnels, il faudra aller plusieurs kilomètres aux larges, explique François. C’est réservé à des gens très expérimentés à moins d’avoir un petit bateau à moteur ». Un rêve inaccessible.