Jeudi , 14 décembre 2017
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2014, l’an zéro du président Rajaonarimampianina
Hery Rajaonarimampianina

2014, l’an zéro du président Rajaonarimampianina

Il assure avoir fait les choses selon leur ordre naturel, construire chaque étape les unes après les autres. Résultats, aucune réalisation majeure mais une désormais bonne base pour relancer le pays sur la voie de la reconstruction, du développement et de la paix sociale. Hery Rajaonarimampianina revendique des améliorations notables sur le plan social et surtout le retour de Madagascar dans le concert des nations couronné par la confiance retrouvée des bailleurs de fonds.

Durant la première année de son mandat, le président Rajaonarimampianina a dû composer avec différentes entités politiques pour gouverner le pays. Ce n’est pas vraiment un gouvernement d’union puisque certains partis et mouvances ont été écartés tandis que d’autres ont des représentants sans avoir eu la bénédiction de leur formation politique. Difficile de faire prendre la mayonnaise. Pour le choix du chef du gouvernement, c’était tout simplement une erreur de casting. Etait-ce par dette morale, par reconnaissance ou un accord dès le départ, le président a nommé premier ministre l’un de celui qui lui a permis de se porter candidat. Il a payé sa dette à Roger Kolo qui n’a pas su convaincre. Le délestage, l’insécurité, la peste, l’inflation, les difficultés économiques ressenties par les ménages, le très mauvais état du réseau routier, les crises sociales que les forces de l’ordre ont du mal à mâter et à cacher… de nombreuses circonstances défavorables ont été soulevées que la question du changement de gouvernement évoquée.

A la fin de l’année 2014, le président Rajaonarimampianina a sauvé les apparences, préférant défendre un bilan positif malgré l’absence de grande réalisation et repoussant d’un revers de la main l’épineuse question du limogeage du premier ministre. Après tout, le ministre de l’Energie Richard Fihenena a été demis de se fonctions à cause de la crise de la Jirama. Certes, il a été le bouc émissaire pour faire passer la crise couvée sur fond de délestage. Le premier ministre était en sursis, le temps pour le président de défendre un petit bilan de l’année. Ainsi, Hery Rajaonarimampianina affiche de l’autosatisfaction et une certaine sérénité, lui qui dit avoir réussi à lever toutes les sanctions qui pesaient sur Madagascar. Il a voyagé dans le monde dans le but de regagner la confiance des partenaires étrangers. Dans la besace du président, la reconnaissance internationale, les promesses de financement. Le retour de l’éligibilité à l’Agoa est une victoire à part.

Sur le plan intérieur, les inaugurations présidentielles ont eu la particularité d’être des projets initiés avant son élection. Il fallait donc des réalisations dont la paternité est indiscutable. Hery Rajaonarimampianina se lance comme ses prédécesseurs l’avaient fait dans les projets présidentiels. C’est aussi une occasion de voir enfin à l’œuvre le super-ministre des Infrastructures. De nouvelles routes pour désengorger la capitale, des rues bitumées, des fly over très attendus, des aménagements d’espace vert… rien de bien extraordinaire. Ces projets sont financés par l’Etat. Selon des indiscrétions, l’argent provient du Port de Toamasina. Les financements ont cruellement manqué en 2014, freinés par certaines conditionnalités officieuses des bailleurs de fonds. Le gouvernement a été privé d’aides budgétaires, expliquant en partie sa contre-performance. Le recrutement partiel des maitres Fram, le petit budget alloué aux communes malgré des intentions déclarées de mettre en place une décentralisation effective, un fonds d’entretien routier devenu otage des compagnies pétrolières… le régime n’avait pas les moyens de ses ambitions.

A.H