Mardi , 11 décembre 2018
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Affaire Anjozorobe : le président et la gendarmerie désamorcent la bombe
Le président Rajaonarimampianinaa répondu à ses détracteurs lors d'une réunion avec les maires de la région Vakinankaratra

Affaire Anjozorobe : le président et la gendarmerie désamorcent la bombe

C’est dans un ton qui rappelle celui d’un pasteur sur son pupitre, ferme et indulgent à la fois, que Hery Rajaonarimampianina a répondu aux accusations faites lors d’une conférence de presse par une « association » d’originaires de l’Androy sur l’implication présumée de son fils prénommé Mathieu. L’affaire porte sur des coups de feu dans une carrière de pierres industrielles qui aurait fait un mort. La gendarmerie dément l’existence d’une victime et affirme que ses éléments n’ont jamais ouvert le feu sur qui que ce soit.

C’est une nouvelle qui a fait couler beaucoup d’encre et la presse risque une nouvelle fois d’être sous les feux des critiques. Un huissier accompagné de gendarmes est venu signifier aux petits exploitants d’une carrière qu’ils devaient quitter les lieux. L’histoire tourne d’abord au fait divers. Des personnes supposées représenter une communauté d’Antandroy affirment avoir perdu l’un des leurs, argüant qu’il y avait des coups de feu quand les mineurs n’ont pas accepté d’obtempérer. Ils avaient alors dénoncé des gendarmes qui selon eux auraient agi pour le compte du fils du président de la République. Pis, ils affirmaient qu’un des leurs était mortellement blessé mais ses camarades étaient obligés de l’abandonner sur les lieux en sauvant leur propre vie. Le lendemain, les mineurs seraient revenus pour récupérer le corps, mais sont revenus bredouilles. Ils exigent donc la restitution du corps du défunt présumé, craignant que celui-ci ne disparaisse en tant que preuve.

La riposte de la gendarmerie

Y a-t-il vraiment eu un corps sans vie ? Non, affirme de manière catégorique la gendarmerie. Les enquêteurs envoyés sur place ont conclu qu’aucune perte de vie humaine n’a été déplorée ni même des blessures, par balle le cas échéant. Par contre, des gendarmes étaient bel et bien sur place pour accompagner un huissier, ce qui est une procédure classique. Ils n’étaient pas aussi nombreux que peut contenir un camion, mais sept dont deux éléments d’Anjozorobe et cinq venus d’Antananarivo. Dans cette guerre devenue de communication, l’équipe de la gendarmerie de la province d’Antananarivo sous la houlette du général Florens Rakotomahanina confirme qu’il y a eu des coups de feu mais ces derniers ne venaient pas des gendarmes. « Nos éléments n’ont pas eu l’ordre d’utiliser leurs armes et ne l’ont jamais fait dans cette intervention ».

Le sermon du président Rajaonarimampianina

Il était sur la défensive et défendait autant sa cause que celle de son fils Mathieu, mais le chef de l’Etat se montrait conciliant et voulait éviter de tomber dans le piège qu’on lui tendrait. « Je ne sais pas si mon fils est un dieu ou un magicien et qu’il peut être à la fois à Anjozorobe et à un autre lieu », a-t-il déclaré, réfutant la présence du prénommé Mathieu sur ladite carrière. Hery Rajaonarimampianina rappelle que ce n’est pas la première fois que l’on essaie de salir son nom à travers des affaires infondées où l’on essaie d’impliquer son fils. Il en fait une lecture politique, pointant du doigt un coup de ses adversaires. « On essaie de créer un conflit entre le président et les Antandroy. Je rappelle que c’est dans cette région que j’ai obtenu le plus de voix, la dernière élection sénatoriale a été dans le même sens. Nous avons une confiance mutuelle », a-t-il martelé. Il dénonce une supposée tentative de créer un conflit ethnique. Le président et sa famille ne porteront pas plainte contre les représentants des Antandroy d’Anjozorobe. Ni contre les journaux et médias qui ont rapporté la nouvelle. Sur ce point, il a suivi l’exemple d’un pasteur prénommé Lala.

A.H