Lundi , 18 décembre 2017
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Bilan 2015 : la politique au rythme de l’éclosion du parti HVM
Les élections communales ont donné une part de légitimité au parti HVM

Bilan 2015 : la politique au rythme de l’éclosion du parti HVM

Dès le premier janvier, le président Hery Rajaonarimampianina aurait dû être sous pression mais ce n’était pas vraiment le cas. Il lui restait 24 jours pour mettre en place la Haute Cour de Justice, une obligation constitutionnelle, sans quoi il serait destitué. La Constitution de la 4ème République voulue par Andry Rajoelina devait en effet garantir une meilleure gouvernance en mettant en place cette juridiction chargée de juger les hauts responsables étatiques.

Le HVM a gagné à Tuléar ; la commission électorale et le tribunal administratif lui offrent la victoire à Fianarantsoa. Le Mapar a dominé à Toamasina, Mahajanga et Antsiranana. La grande bataille électorale annoncée n’a pas eu lieu dans la capitale. Grâce aux fidèles électeurs du TIM et de la mouvance Ravalomanana, Lalao Ravalomanana s’est largement imposée à Antananarivo. Une grande victoire qui lui permet de diriger seule avec une majorité confortable au conseil municipal. Le challenger Lalatiana Rakotondrazafy soutenue par le Mapar n’a pas fait le poids tandis que Hery Rafalimanana, le candidat officieux du HVM a connu une véritable déroute. La défaite du régime a été accentué par les tentatives avortée de donner un autre statut à la capitale pour gagner les élections sinon afin d’affaiblir le maire.

Deux motions déjouées, l’instabilité politique à son comble

Tout est parti d’une résolution des assises sur la réconciliation nationale à Ivato évoquant la possible dissolution des institutions sauf la présidence de la république. Bien que Hery Rajaonarimampianina ait rassuré les députés qu’il n’en avait pas l’intention « pour le moment », le mal est fait. Les parlementaires de l’opposition certains d’avoir la majorité, avec 121 députés, ont tenté une motion de déchéance du président de la République qu’ils accusaient de violer la Constitution, de ne pas respecter la séparation des pouvoir et d’avoir commis un acte de haute trahison. Le HVM a réussi à « faire changer d’avis » quelques élus avant que la HCC ne rejette la demande. Aussitôt après, les députés ont contre-attaqué par une motion de censure. Le gouvernement s’en sort miraculeusement. Un tour de passe-passe durant le comptage de voix et la retenue des députés dans un restaurant expliquerait le retournement de la situation. Malgré tout, le régime HVM espère avoir une nouvelle majorité parlementaire sans un élu. Le chef de l’Etat n’a pas cédé à la demande de la HCC de signer un pacte de responsabilité avec les députés pour assurer la stabilité politique, voulant imposer un mémorandum qui, par définition, est un ordre de sa part et non plus une convention ni un contrat.

L’élection sénatoriale est une nouvelle entorse à la démocratie. Le Sénat est supposé représenter les collectivités territoriales décentralisées qui sont les communes, les régions et les provinces. Quel crédit accorder à des sénateurs élus par les maires et les conseillers communaux dans une circonscription électorale au niveau des provinces. Avec les 21 sénateurs nommés et l’assurance de gagner la première place au vu de la transparence orchestrée des votes dans chaque commune, le HVM va dominer le Sénat. Est-ce que cela pourrait lui assurer la stabilité politique pour gouverner dans la sérénité sans avoir à marchander à chaque fois avec les députés ? En tout cas, le processus démocratique de la IV République a été un échec malgré la mise en place forcée de toutes les institutions. Le passage à la sénatoriales sans passer par les élections provinciales et régionales laisse penser que les chefs de région resteront en place tandis que la nomination d’un chef de province est superflue. Au final, il faudrait changer la Constitution au lieu de la violer ou de la contourner continuellement.

A. Herizo