Mardi , 12 décembre 2017
enfrit
De zéro député élu à une grande majorité au sénat, l’incroyable parcours du HVM
Le président Hery Rajaonarimampianina affirme qu'il n'a pas de parti !

De zéro député élu à une grande majorité au sénat, l’incroyable parcours du HVM

Les faux pas démocratiques s’enchainent et le pouvoir persiste à bâtir un édifice politique avec des murs toujours plus haut à défaut d’une fondation solide. Non, les élections communales dominées grâce à la puissance publique et quelques tours de passe-passe ne peuvent constituer une base. On ne refait pas la fondation d’une maison mal construite. Le régime HVM spécule donc sur les futures élections pour renforcer son pouvoir et surtout rester en place après les prochaines élections, tous mandats confondus.

Tout avait commencé en 2014, quand le gouvernement a décidé de ne pas organiser les élections communales à la date prévue. Les députés n’y ont vu que du feu, d’autant qu’une prétendue plate-forme de la majorité présidentielle sortie de nulle part était en place à l’Assemblée nationale. Le ministère de l’Intérieur a fait diversion par une succession de projets de loi sur le statut particulier de plusieurs villes dont Antananarivo. Si le ministre Mahafaly n’a pas été limogé après une succession d’échec qui mettait en doute la crédibilisait du pouvoir, c’est qu’il a réussi le principal, reporter les élections en 2015.

Un report payant des communales

En juillet 2014, le HVM n’aurait jamais pu prétendre à faire élire 1000 maires. Un an plus tard, le parti présidentiel rate de peu son objectif, mais peut sereinement aller vers les sénatoriales. Cela valait bien un an d’attente d’autant que durant ces 18 premiers mois à la tête de l’Etat, Hery Rajaonarimampianina n’a fait que préparer le terrain et n’a rien commencé, faute de moyens financiers et de stabilité politique.

Contrairement en 2014, les élections seront avancées en cette fin 2015. Evidemment, le gouvernement viole ouvertement la loi électorale en organisant des élections en saison de pluies, mais il y a des circonstances atténuantes. Tout d’abord, cela s’est déjà fait, ensuite, il s’agit de suffrages universels indirects, donc l’organisation ne sera pas fortement perturbée par les aléas climatiques. Les élections partielles dans les communes où les résultats ont été annulés auront lieu le 13 novembre.

Une mainmise sur le Sénat

Tous les maires élus seront reçus mi-octobre par le président de la République. On s’interroge encore sur la manœuvre dilatoire du ministère de l’Intérieur qui empêchait les passations dans les mairies en délivrant le plus tard possible une notification. Tout cela nous ramène au débat sur la tutelle des collectivités entre un ministère de l’Intérieur très politique et un ministère de la Décentralisation plus technique. Bref, en accueillant les 1500 maires à Iavoloha, certains observateurs soupçonnent le président de la République de faire de la propagande pour les sénatoriales.

Quoi qu’il en soit, la majorité au Sénat est promise au HVM. Le parti présidentiel bénéficie du nombre de maires et de conseillers nécessaire. Et encore, le chef de l’Etat va désigner le tiers des membres. Ce sera donc une formalité. L’intérêt des sénatoriales se limite à deviner le nom du futur président du Sénat. Le président du parti HVM et « premier ami » du président est fortement pressenti. Ce sera une sacrée promotion pour Rivo Rakotovao, un ministre d’Etat qui a été en charge d’un portefeuille vide sans projets présidentiels et un département qui n’a rien aménagé sur le territoire à cause d’une longue grève. Le nom de Marc Ravalomanana, l’allié de circonstance de Hery Rajaonarimampianina, est aussi évoqué bien que moins probable.

A. Herizo