Mardi , 11 décembre 2018
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Fin de la liberté pour Marc Ravalomanana ?
Marc Ravalomanana annonce les ambitions du parti TIM

Fin de la liberté pour Marc Ravalomanana ?

C’est un mini électrochoc à Antsirabe. Marc Ravalomanana a été empêché de tenir un meeting et de prononcer un discours en public. Selon son entourage, ce serait les membres des forces de l’ordre chargés de sa protection qui auraient été sommés d’amener l’ancien président à un autre lieu au lieu de rejoindre Magro où l’attendaient ses partisans. Le régime en place recadre sévèrement son prétendu allié qui a annoncé récemment l’ambition du parti TIM pour les élections communales de juillet 2015.

Arrestation, sécurisation, empêchement, obstruction… le mot pour expliquer l’absence de Marc Ravalomanana devant ses partisans à Antsirabe a été difficile à trouver. La « rumeur » a pris de l’ampleur même si l’hypothèse d’une arrestation n’a jamais été confirmée. D’ailleurs, l’ancien président n’a transgressé aucune loi ni commis aucun délit dans cette affaire. Il aurait dépassé le seuil de liberté que le régime en place lui a accordé. En clair, l’étalage de l’ambition retrouvée du parti TIM ne plait pas forcément au HVM. Les deux formations, malgré une certaine entente politique entre les deux chefs de file, vont en découdre lors des communales.

L’opération qui visait à empêcher Marc Ravalomanana de rencontrer à ses partisans a été si soudaine qu’elle a pris de court la garde politique rapprochée de l’ancien chef de l’Etat. Ce n’est pas le meeting qui a été interdit, c’est l’orateur qui a été empêché physiquement d’être présent. Le mystère sur le lieu où se trouvait le leader politique a attisé la tension dans son clan. Selon le député Guy Rivo Randrianarisoa, cette affaire est une privation pure et simple de droits et de liberté. Elle pourrait inciter les partisans de Marc Ravalomanana à continuer ses meetings, même à Antananarivo.

Marc Ravalomanana s’est rendu à Antsirabe pour annoncer officiellement à ses partisans l’arrêt des meetings politiques dans les Magro et la nécessité d’attendre la campagne électorale. Ce qu’il avait fait à Antananarivo. Entre-temps, l’ancien président a fait un show politique qui n’a pas été du goût du pouvoir. S’il n’a pas d’objection à ce que son épouse, Lalao Ravalomanana, soit candidate à la mairie de la capitale, il a surtout redonné au parti TIM de vraies ambitions politiques pour conserver la mainmise sur les communes. L’affluence de la foule qui attendait Marc Ravalomanana pourrait être un signal fort qui a déstabilisé les autorités au point de l’empêcher physiquement d’être présent au Magro d’Antsirabe. Pour le HVM, le TIM n’est pas un partenaire. C’est un redoutable adversaire.

A. Herizo