Samedi , 16 décembre 2017
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Municipales à Antananarivo : pourquoi Lalao Ravalomanana a gagné ?
L'ancien couple présidentiel Mar et Lalao Ravalomanana en reconquête à Antananarivo

Municipales à Antananarivo : pourquoi Lalao Ravalomanana a gagné ?

La victoire de Lalao Ravalomanana à Antananarivo est acquise même si elle n’est pas encore officielle. Il faudra attendre pour cela la proclamation officielle des résultats des élections communales et municipales du 31 juillet 2015. Cette victoire nette du parti TIM, avec 56% des voix, n’est pas triomphale malgré une avance confortable devant la candidate du Freedom, soutenue par le MAPAR et créditée de 31%. Elle était toutefois prévisible.

Vendredi 31 juillet, le suspense n’a pas fait long feu. Lalatiana Rakontondrazafy du Freedom semblait faire de la résistance dans les « bas quartiers », mais son avance était minime quand elle arrivait à gagner. A Ankazomanga Andraharo, elle ne peut faire mieux que « match » nul avec sa plus grande rivale, Lalao Ravalomanana, 107 voix partout. Ces difficultés de la candidate journaliste dans les quartiers où elle était censée rencontrer un soutien populaire conjuguées avec une large victoire de l’ancienne première Dame dans les « hauts quartiers » ont dessiné très tôt l’issue de cette bataille électorale qui n’aura pas tenu toutes ses promesses. A l’exception de Hery Rafalimanana d’Iarivo Mitambatra, soutenu par le HVM, qui a surnagé et d’une Harilala Ramanantsoa qui arrive par intermittence à sortir avec les honneurs, les autres candidats n’ont pas existé.

Dès le départ, Lalao Ravalomanana avait une longueur d’avance. Si l’on se réfère aux résultats des dernières élections législatives qui ont vu un taux de participation de 50% à Antananarivo, le parti Tiako i Madagasikara dispose d’une base électorale de 15% composés de fidèles des premières heures et de sympathisants. Le MAPAR peut compter sur 12,5%. Il est mathématiquement démontré que si le taux de participation diminuait, l’avance du TIM risque d’être difficile à rattraper. Comme seulement 30% des électeurs tananariviens ont voté, la victoire de « Neny » est toute tracée.

Le scrutin du 31 juillet n’a pas donné lieu à un vote sanction contre le régime et son candidat de fortune Hery Rafalimanana. C’est l’expression d’une préférence, d’un attachement au souvenir d’un passé glorieux d’une Antananarivo dirigée par Marc Ravalomanana ou de l’époque où ce dernier était président de la République. La candidate et épouse Lalao Ravalomanana n’a pas à disserter sur un programme de développement, elle n’a qu’à dire que celui-ci est prêt à être appliqué.

L’aura des Ravalomanana sur le plan international est indéniable puisque des partenaires potentiels ont déjà manifesté leur soutien. La commune urbaine d’Antananarivo a plus de chance si elle s’appuie sur des partenariats avec l’étranger qu’espérer la largesse de l’Etat HVM. Le TIM et sa candidate ne sont pas en guerre ouverte contre le pouvoir en place contrairement à Lalatiana Rakotondrazafy qui a promis de livrer des batailles et des combats. Les électeurs savent que de telles hostilités finissent par un étranglement de la Capitale par le pouvoir central.

L’ex-première Dame est perçue comme une mère par les Tananariviens. Dans une société historiquement matriarcale, l’effet « Neny » est inévitable. Les électeurs ont privilégié la voix de la raison et de la sagesse au détriment des discours politiques et intellectuels. Lalao Ravalomanana a été la candidate à abattre. Le fait de ne pas participer aux débats avec les autres concurrents pour la course à la mairie de la capitale a été une très bonne stratégie. Elle aurait servi de faire-valoir à des adversaires qui voulaient en découdre et décrédibiliser la candidature d’une femme de.

« C’est lui le président du TIM, c’est normal si je suis ses conseils, il a plus d’expériences que moi », a déclaré Lalao Ravalomanana en parlant de son mari. « La femme a aussi son mot à dire », a-t-elle ajouté, évoquant la sagesse et l’amour dont fait preuve la gent féminine. « Je ressens la confiance que les gens me portent », a affirmé la première femme maire d’Antananarivo. « Neny a appliqué la stratégie que je lui a conseillé et elle a gagné », renchérit l’ancien président, félicitant son épouse. Marc Ravalomanana soutient que ses précieux conseils ont fait élire des candidats de son parti, regrettant que certains ont préféré faire comme bon leur semble et sont en difficulté.

A.H