lundi , 15 juillet 2024
enfrit
Le second tour de l'élection présidentielle malgache pourrait être reporté à cause de la crise politique actuelle. Madagascar attend toujours une solution qui mettra d'accord les deux opposants principaux..

Possible report du second tour de l’élection présidentielle

Les autorités malgaches, par la voix du vice-Premier ministre Pierrot Rajaonarivelo, évoquent pour la première fois un
possible report du second tour de la présidentielle malgache, un second tour programmé ce 24 février. La réaction fait
suite au blocage causé par la grève générale initiée par le candidat Marc Ravalomanana.





Le vice-Premier ministre Rajaonarivelo, qui est à la fois Secrétaire national du parti AREMA du président de la République
Didier Ratsiraka, estime que, face à la situation de crise actuelle, la Haute Cour Constitutionnelle pourrait accepter un
report du scrutin pour cas de force majeure. Mais il faudra, précise-t-il, que l’Exécutif malgache – le gouvernement ou le
président de la République lui-même – notifie les membres de la Haute Cour à ce sujet.



C’est le Secrétaire national du parti AREMA qui s’exprime de la sorte, tandis que le président Ratsiraka ne sort toujours
pas de son mutisme. Le ministère de l’Intérieur, de son côté, précise que la préparation du second tour de la
présidentielle se poursuit, et que rien, pour l’instant, n’empêche que l’élection se déroule à la date prévue. D’autant que
la campagne électorale débute officiellement ce 9 février. Le refus du maire candidat, Marc Ravalomanana, de participer à
ce scrutin sans une vérification préalable des résultats du premier tour pourrait donc ne pas être considéré par les
autorités.





En attendant, les manifestations de rue ont repris de plus belle dans la capitale malgache, Antananarivo, après une
opération de ville morte le mardi 5 février. Environ 700.000 personnes descendent dans les rues, dans une ambiance
carnavalesque. Une manifestation que les autorités malgaches voudraient, malgré tout, ignorer complètement. A
maintes reprises en effet, le président de la République Didier Ratsiraka, tout comme ses partisans, ont soutenu que le
mouvement populaire ne concerne que la capitale, et qu’il récuse la « dictature  » d’une seule agglomération.





Une
affirmation contredite par les faits, car les autres régions de la Grande Ile ont vu plusieurs milliers de partisans du candidat
Marc Ravalomanana descendre dans les rues, malgré les répressions.
Une délégation de parlementaires francophones est par ailleurs attendue, cette semaine, à Antananarivo. Ces
parlementaires devront s’enquérir de la situation politique du pays avant une prise de position officielle. Une médiation
étrangère n’est pas exclue pour tenter de sortir de la crise, puisque les deux protagonistes campent toujours sur leur
position respective. Marc Ravalomanana réclame la « vérité des urnes  » ainsi que la révision du verdict des juges électoraux
sur le scrutin du 16 décembre 2001 à cause des irrégularités, alors que le président Didier Ratsiraka qui ne s’en tient qu’à
la légalité, comme il le souligne, ne reconnaît que ces résultats très contestés.