Samedi , 16 décembre 2017
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Toamasina et l’ambition présidentielle du Mapar
La mairie de Toamasina est aussi un tremplin pour un parti qui a une ambition présidentielle

Toamasina et l’ambition présidentielle du Mapar

Toamasina est un enjeu important pour les grands partis, aussi bien celui du pouvoir que ceux de l’opposition. Son rayonnement économique est un tremplin pour le maire et sa formation politique, en particulier si ces derniers ont des ambitions à l’échelle nationale. Sauf très grande surprise, un retournement de situation improbable, c’est le Mapar et son candidat Elysée Ratsiraka qui auront le privilège de relancer le développement de Toamasina et d’en faire un argument de poids pour la campagne présidentielle de 2018.

Gagner les municipales de Toamasina a une autre saveur, un enjeu important. La deuxième ville de Madagascar joue un rôle majeur dans l’économie de pays et il compte un nombre assez élevé d’habitants. La mairie d’Antananarivo est un passage qui mène vers la présidence de la République. Toamasina le serait aussi dans une moindre mesure. En tout cas, les scores obtenus par Roland Ratsiraka lors de deux premiers tours des présidentiels confortent une telle hypothèse.

En 2015, aucun candidat en lice pour les municipales dans la ville du grand port ne sera probablement candidat à l’élection pour la magistrature suprême en 2018. Les 3 grands partis actuels, à savoir le Hvm, le Tim et le Mapar partagent toutefois la même ambition d’y placer leur homme. A ce petit jeu, c’est la formation dirigée par Andry Rajoelina qui est sorti gagnant.

Encore un Ratsiraka

Elysée Ratsiraka, le frère de Didier l’ancien président de la République et l’oncle de Roland l’ancien maire de Toamasina, a été logiquement favori dans la course aux municipales, devant Bruno Lahady, fils de Samuel, ancien gouverneur de la province de Toamasina. L’association du patronyme Ratsiraka avec le nom d’Andry Rajoelina, toujours très populaire dans les grandes villes, et le parti Mapar a été la formule gagnante. Cela n’enlève rien au mérite du candidat Elysée Ratsiraka qui est très connu à Toamasina.

Ce médecin spécialiste a fait beaucoup dans le social. Il a surtout un parcours qui cumule des fonctions administratives et à haute responsabilité dans plusieurs sociétés comme la Galana, l’hôpital Girard et Robic et l’Ader, une fonction dans le législatif en étant membre du Conseil supérieur de la Transition, un poste dans l’exécutif an tant que ministre de l’Energie. Il ne lui restait plus qu’une fonction élective. C’est fait avec la mairie de Toamasina.

La candidature d’Elysée Ratsiraka était avant tout celle du Mapar qui voulait l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. En face, le candidat du parti du régime a préparé le terrain depuis un peu plus d’un an. Le HVM lui confiait même les rennes du parti dans la province de Toamasina. Bruno Lahady était donc dans le costume du favori qui était un peu trop grand pour lui. Le challenger Elysée Ratsiraka était sur un terrain conquis.

L’enjeu pour le Mapar était d’avoir une victoire aussi large que prévisible afin d’écarter toute contestation possible. C’est aussi la victoire d’Andry Rajoelina qui compte sur le nouveau maire de Toamasina pour l’appuyer dans la reconquête du pouvoir en 2018. Le nouveau maire de Toamasina n’a pas lui-même l’ambition de briguer la magistrature suprême, mais se met au service de son parti qui a déjà son candidat naturel.

A . Herizo