Jeudi , 14 décembre 2017
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Un calendrier électoral suspendu au sort du statut d’Antananarivo
L'hôtel de ville peut-il être divisé en sept appartements pour le maire et ses 6 adjoints délégués?

Un calendrier électoral suspendu au sort du statut d’Antananarivo

Alors que le dépôt de candidature pour les élections communales était censé commencer le 18 mars 2015, la CENI-T se trouve dans l’embarras. La faute à un exécutif qui tente encore et encore de faire passer au forceps une loi portant statut particulier d’Antananarivo. Le ministère de l’Intérieur a du mal à convaincre sur le bienfondé de cette réforme qui vise à enlever une grande partie de son pouvoir et de ses prérogatives au futur maire élu de la capitale qui pourrait, avec une forte chance, être issu de l’opposition.

On n’a jamais vu une telle obstination chez un gouvernement pour tenter de faire passer une loi à l’Assemblée Nationale. L’acharnement du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation mandaté par le président de la République et le parti au pouvoir devient presque grotesque même s’il a toujours envoyé son secrétaire général. Après le limogeage de Thierry Rakotonarivo, le flambeau a été passé à Philibert Hervé Andriamanantsoa. Le désaveu par la HCC qui a déclaré que le précédent projet de loi voté était non conforme à la Constitution est anecdotique. La nouvelle proposition est toujours un micmac juridico-politique pour diviser Antananarivo et affaiblir son maire.

Les employés de la mairie et les députés élus à Antananarivo font bloc contre cette énième proposition du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation. Ils s’insurgent contre la volonté manifeste de priver le maire du contact avec la population dans l’administration de la capitale. La contre-proposition rétablit le pouvoir du premier magistrat de la ville à travers la désignation par ses soins de simples délégués au maire, et non pas des maires adjoints délégués. Le maire n’aura pas à proposer trois noms parmi lesquels le conseil municipal choisirait un.

Des arrondissements et des Fokontany

Autre zone d’ombre du projet de loi, le nombre de conseillers municipaux risque d’être très élevé, car le ratio par rapport à la population serait fortement diminué. Cette stratégie permettra au pouvoir de manipuler plus facilement les votes au sein du conseil. Le plus grave aux yeux des opposants à la proposition formulée par l’équipe du ministre Olivier Mahafaly est le droit que s’adjuge le gouvernement de partitionner ou de regrouper les arrondissements de la capitale comme il le souhaite. Les délimitations pourraient être changées.

L’autre enjeu du statut d’Antananarivo est la désignation de ceux qui vont être à la tête des Fokontany. La contre-proposition fait part d’une élection par les fokonolona habitant le quartier. Un seul élu sera proposé au maire qui va officialiser le choix du peuple. Pas sûr que le HVM concède une aussi grande largesse à ses opposants alors qu’il a la possibilité d’imposer des chefs de Fokontany désigné par le chef de district.

L’atermoiement sur ce projet de loi remet en cause le calendrier électoral. Déjà, en reportant d’une semaine le début du dépôt de candidature tout en maintenant la date des élections le 17 juillet 2015, la Commission électorale de la Transition, CENI-T, risque d’être désavouée. Il faudra au gouvernement imposer cette loi avant le 24 mars. Le souci est qu’un contrôle de constitutionnalité risque alors de remettre en cause le calendrier électoral. Il faudra au HVM faire élire cette loi par une majorité absolue.

A. Herizo