Mardi , 12 décembre 2017
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Y-a-t-il des hommes forts dans le gouvernement Mahafaly à part lui-même ?
Le gouvernement Mahafaly (Ph : PRM)

Y-a-t-il des hommes forts dans le gouvernement Mahafaly à part lui-même ?

La  bataille à livrer est unique, à savoir les élections présidentielles de 2018. C’est la manière de la livrer qui interroge. L’absence de leader naturel qui construit une image positive du gouvernement et non l’inverse est un handicap pour le pouvoir. Est-ce qu’il y a des hommes forts dans ce gouvernement annoncé de combat dirigé par Solonandrasana Olivier Mahafaly ? Apparemment non. Les renforts ont été recrutés pour leurs expériences d’anciens ministres qui n’ont pas forcément été couronnés d’un succès retentissant.

Le président Hery Rajaonarimampianina s’entoure de super-ministres qui n’ont rien de particulier que le lien de proximité avec les intéressés et/ou l’intérêt porté par le chef de l’Etat au domaine concerné. Ce qui mérite d’être signalé, c’est la double éviction du président du parti HVM et ami de longue date du président. Rivo Rakotovao n’est plus ministre d’Etat et il a été déchargé des projets présidentiels. Son annonce au ministère de l’Agriculture et de l’Elevage a provoqué l’hilarité chez de nombreux citoyens qui y voient une sanction et une petite victoire pour l’ancien président Marc Ravalomanana.

« C’est une dégradation logique, et il est tout à fait possible que ce soit le nouveau premier ministre qui l’a exigé. L’ancien ministre d’Etat aimait trop parler au nom du Fanjakana comme s’il était au-dessus du chef du gouvernement. Il ne risque donc plus de devenir encombrant pour Solonandrasana Olivier Mahafaly », analyse un conseiller politique auprès d’un ministère. Il ajoute que le chef de l’Etat aurait voulu éviter les confrontations répétées entre son ami Rivo Rakotovao et Marc Ravalomanana.

Le numéro 2 du gouvernement est désormais Narson Rafidimanana, ministre auprès de la Présidence chargé des Projets présidentiels, de l’Aménagement du Territoire et de l’Equipement. C’est lui qui va piloter les grands projets dans le cadre du Plan national de développement si l’Etat arrive à en trouver les financements nécessaires. Le mal est moindre pour Rivo Rakotovao qui reste sur le podium du rang protocolaire malgré un portefeuille relativement peu important dans les faits,  contrairement aux déclarations de bonnes intentions des politiciens. Le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage devance le troisième ministre auprès de la Présidence qui est chargé des Mines et du Pétrole. Ying Vah Zafilahy est un ancien ministre sous la présidence de Marc Ravalomanana. Le maître de conférences était alors ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Pour ce qui est des ministères de souveraineté, les généraux proches de la première dame ont été évincés. La fonction  de ministre redevient une promotion logique pour les plus haut-gradés. Ainsi, on retrouve à la Défense nationale le général de Corps d’Armée Béni Xavier Rasolofinirina et ancien chef d’Etat-major de l’Armée. L’ascension a été plus spectaculaire pour Norbert Anandra, le Ministre de la sécurité publique qui a été Directeur Provincial de la Sécurité Publique de Fianarantsoa.

L’un des deux personnages-clés du gouvernement serait le ministre des Finances et du Budget, François Rakotoarimanana. L’ami « canadien » donne entière satisfaction au président. Est-ce le cas de Béatrice Atallah qui reste au ministère des Affaires Etrangères et aura l’honneur de recevoir le fameux Sommet de la Francophonie. Malgré un succès reconnu de ses actions diplomatiques, elle hérite d’un vice-ministre chargé de la Coopération et du Développement en la personne de Bary Rafatrolahy, un personnage clé de la mouvance Ravalomanana à l’époque.

On ne sait pas encore l’ampleur de la mission du nouveau ministre de la Justice Charles Andriamiseza. Est-ce qu’il y a des dossiers à gérer dans les camps des opposants et des gouvernants. Trafic de bois de rose ou éligibilité à l’élection présidentielle, le rôle du patron des magistrats est important dans un pays où l’indépendance de la Justice est totalement virtuelle.  Finalement, le vrai homme du gouvernement Mahafaly est lui-même. Il reste ministre de l’Intérieur et devra gérer le processus électoral comme il l’a déjà fait. C’est le membre du gouvernement qui a le plus de chance d’être décisif dans la réélection du président en exercice.