vendredi , 15 novembre 2019
enfrit
Deux semaines et encore rien ou presque. La traque annoncée du commandant en chef des dahalo donnait l’impression de tourner en vinaigre. Les critiques fusent sur la gestion de cette crise que ce soit sur le plan politique ou militaire. Le gouvernement contre-attaque et veut faire bonne figure alors que le premier ministre avoue son incompétence sur une telle affaire et s’en remet aux militaires. Arthur Rabefihavanana, ennemi public n°1 connu sous le nom de Remenabila, nourrit les craintes et les imaginations.

Affaire Remenabila : les autorités changent de tactique de… communication

Le changement de tactique, on l’attendait sur le terrain, quelque part dans la région Androy. C’est à Antananarivo que cela s’opère. Les autorités militaires et politiques ont pris conscience de la communiction catastrophique autour de cette affaire et veulent rectifier le tir. Remenabila est devenu un monstre fascinant, une sorte de héros méchant. Les autorités politiques n’ont pas pu négocier avec lui, alors que la troupe dépêchée sur place piétine.

Le mal est fait. Le premier ministre a été obligé de faire un démenti général. « Personne ne va négocier avec les dahalo, ce qu’on fait c’est de trouver tous les moyens de les capturer vivants pour pouvoir faire une enquête », s’est-il défendu. Si, il a bien dit vouloir négocier mais dans le but d’essayer d’épargner les civils qui étaient retenus en otage dans un village. La situation a évolué depuis.

Le ministre de la Défense avait tenu pareils propos. Sur le terrain, les militaires s’impatientent et sont déconcertés par le double langage des têtes-pensantes. Le discours politiquement correct qui veut que l’on essaie de capturer des individus dangereux et armés est tout sauf un encouragement pour le soldat envoyé au front.

Pour résoudre la petite crise dans la crise, le gouvernement décide de mettre en place une cellule de communication dédiée à la mission Remenabila. Arthur Rabefihavanana est officiellement un terroriste qui est une menace pour le pays. L’objectif est désormais de redonner le moral aux troupes et rassurer la population. Les communications sur la stratégie militaire sera très limitée.

La presse est la première sur le banc des accusés, coupable d’avoir fait « des extrapolations » qui a donné un avantage psychologique aux bandits avec qui on demanderait de négocier. Le portrait fait par la presse de Remenabila font presque oublier qu’il s’agit d’un voleur de zébus coupable des meurtres de très nombreuses victimes civiles et militaires. Blessé par balle et arrêté, il a pu s’évader de la prison de Farafangana comme le font les légendaires gangsters qui reprennent alors leurs activités.

Artthur Rabefihavanana est un chef de guerre et un fin stratège alors qu’il n’a suivi que la formation militaire de base. Il a pris son nom de guerre Remenabila en raison de sa préférence pour les zébus à peau rougeatre ou roux et qui ont des cornes diformes. L’homme aurait des pouvoirs surnaturels que lui donne son grand sorcier Tokanono. On parle de la capacité à passer inaperçu, dans le sens littéral du terme.

Les gens auraient l’impression de le voir avec un enfant alors qu’il n’en est rien. Un ennemi qui le regarde aurait le regard flou… Remenabila n’est pas par contre le premier chef de dahalo à prétendre être à l’épreuve des balles. Ce qui n’a pas été le cas avant puisque l’homme a été blessé à la cuisse. Sa magie noire aurait été renforcée depuis. Il en fallait moins pour que dans l’imaginaire populaire, c’est un homme très puissant. On craint sa capacité de nuire, y compris aux militaires qui le traquent.