mercredi , 28 octobre 2020
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Avortement : Les Malgaches face à la conscience collective
Les Sénateurs hésitent. L'ajournement de l'examen du projet de Loi sur le planning familial n'est pas une surprise.

Avortement : Les Malgaches face à la conscience collective

Un nouveau projet de Loi sur le planning familial devrait autoriser l’interruption volontaire de grossesse, à Madagascar, dans des conditions bien définies, mais les législateurs hésitent actuellement sur la question.

L’examen du projet de Loi a été reporté au mois d’octobre 2017 en raison des hésitations des parlementaires et de la nécessité d’une profonde réflexion, de part et d’autre.

Jusqu’à présent, la pratique de l’avortement est condamnée par le Droit pénal à Madagascar. Le projet de Loi sur le planning familial prévoit pourtant la possibilité d’une interruption volontaire de la grossesse, pour des raisons médicales. Plus précisément si la vie de la mère est en question.

Les Sénateurs de Madagascar ont engagé des débats houleux sur le sujet en examinant le projet de Loi. « A Madagascar, depuis toujours, l’avortement est considéré comme étant un crime, car c’est une atteinte à la vie d’autrui », a expliqué un Sénateur.

« Le débat lié à l’avortement a été toujours compliqué chez nous. La législation existante a été élaborée au moment de la colonisation dans les années 1920, quand les Colons avaient besoin d’un maximum de mains d’œuvre. D’Où l’interdiction formelle de l’avortement. Mais actuellement, compte tenu du taux de pauvreté élevé, on a tendance à mettre l’accent sur le planning familial, donc tout change », a réagi une Sénatrice.

La tradition malgache encourage les nouveaux mariés du pays à l’adage du « sept garçons et sept filles » pourtant. Dans la conscience collective, la pratique de l’avortement est rejetée, même si, en raison de l’évolution des mentalités et des mœurs, l’interruption volontaire de grossesse devenait une pratique courante, en cachette et dans l’illégalité, aux risques et périls des concernés.

Afin d’éviter le courroux des traditionnalistes et des farouches défenseurs du statu quo, les parlementaires ont préféré ajourner l’examen du projet de Loi. Les églises chrétiennes, qui ont une influence non négligeable dans la Grande Ile, auront aussi leur mot à dire. C’est un débat qui, pour ainsi dire, ne fait que commencer. La Communauté internationale semble suivre de près l’évolution des discussions. En filigrane, apparaît déjà un autre débat qui promet encore d’être plus polémique : celui relatif au mariage des individus du même sexe.