dimanche , 24 janvier 2021
enfrit
Des litiges fonciers de plus en plus fréquents
A Ambatomaro, les vastes terrains sont plus spécifiquement ciblés par les squatteurs.

Des litiges fonciers de plus en plus fréquents

Les périphéries de la capitale sont fréquemment touchées par des litiges fonciers qui finissent généralement au Tribunal. Le phénomène est étroitement lié à celui de l’exode rural et à celui du déplacement de la population sur les régions centrales du pays.

Dans presque tous les cas, les occupants illicites sur des propriétés privées perdent leur procès. Mais l’évacuation manu militari et la démolition des constructions ne sont pas toujours évidentes pour diverses raisons. Ce qui pousse généralement les vrais propriétaires légaux à négocier une vente à l’amiable de leur terrain aux occupants de fait.

Dans le quartier d’Ambatomaro, à l’Est de la capitale, des dizaines de milliers de mètres carrés de terrain, déjà titrés et bornés, ont été occupés illégalement par un groupe d’individus depuis une dizaine d’années. Les occupants ont pu, au fil des ans, construire pratiquement une centaine de maisons sur les terrains squattés.

« Des négociations sont en cours pour la vente de certaines parcelles », confie un propriétaire, qui a gagné son procès au Tribunal d’Antananarivo mais qui a du mal à imaginer la démolition d’une cinquantaine de maisons établies et déjà habitées depuis des années par les occupants illicites sur sa parcelle de terrain.

Non loin de là, plus d’un hectare de terrain, également une propriété privée, vient d’être occupé par des squatteurs qui n’ont pas hésité à commencer, sur une pente raide, l’aménagement et les constructions. Un huissier accompagné de policiers s’est rendu sur place pour signifier aux occupants le premier verdict du Tribunal, mais cela ne les pas empêchés de continuer les travaux de construction.

Ce genre de cas est assez fréquent, les autorités semblent dépassées par le phénomène. Outre les propriétés privées, des terrains domaniaux sont également concernés. L’une des principales conséquences est la multiplication des villes champignons et des bidonvilles à plusieurs endroits. Dans des rares cas, les propriétaires parviennent à la démolition des constructions illégales sur leur terrain. Le phénomène de squat constitue ainsi l’une des raisons principales de la multiplication des affaires concernant les litiges fonciers au niveau des Tribunaux malgaches depuis plusieurs décennies.