Samedi , 20 octobre 2018
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Ikongo : Un autre signe d’un profond malaise social

Ikongo est une localité difficile d'accès, notamment durant la saison des pluies.

Ikongo est une localité difficile d’accès, notamment durant la saison des pluies.

Personne ne s’attendait à cette série d’incidents graves dans la localité d’Ikongo, au Sud-est de Madagascar. Neuf corps de membres des forces de sécurité envoyés en renfort dans cette localité viennent d’être repêchés. Leur camion a été emporté par un courant d’eau alors qu’ils étaient en train de traverser une rivière, en ralliant Ikongo.

Mais avant cet incident, la localité d’Ikongo a été fortement perturbée par un mouvement de foule plutôt singulier et ayant abouti à  l’évasion d’une centaine de prisonniers. En effet, des centaines de villageois, munis d’armes blanches, notamment des sagaies, des sabres et des haches, se sont rués vers la prison d’Ikongo, le 13 décembre dernier, afin de sortir de prison et exécuter des condamnés impliqués dans l’assassinat de membres de leur clan familial.

Les prisonniers que les villageois ont recherchés étaient toutefois déjà transférés à un autre lieu de détention à ce moment. Mais l’incident a débouché sur l’évasion massive des autres prisonniers et sur une menace qui continue de peser sur les magistrats de la localité d’Ikongo, objets de la colère des villageois après la décision de transfert des prisonniers qu’ils recherchent. Les magistrats sont en attente d’évacuation vers le centre du pays actuellement.

C’est en tous cas l’une des tentatives de vindicte populaire les plus violentes de ces derniers temps dans la Grande Ile. Les agents pénitentiaires ont été très vite débordés devant la colère des villageois. Ces derniers se sont organisés de façon plutôt extraordinaire et ont sillonné à pied environ 50 kilomètres de routes avant d’arriver à la prison d’Ikongo.

Les magistrats de la ville devaient en tous cas être sécurisés à la caserne de la gendarmerie. Il fallait envoyer des renforts à Ikongo pour sécuriser la région, mais l’un des camions transportant les éléments des forces de sécurité a subi l’incident mortel qui a coûté la vie à neuf d’entre eux.

Si certains magistrats, face à la détresse de leur collègue d’Ikongo, parlent ouvertement de « rébellion », le député de ce district évoque plutôt la nécessité de trouver la solution idoine à un profond malaise social et à une perte de confiance de la population vis-à-vis de l’administration. Des discussions ont été entamées avec les villageois mais la tension est toujours réelle sur place.