Lundi , 18 décembre 2017
enfrit
Insécurité : Risque de nouvelle violence dans le Sud

Insécurité : Risque de nouvelle violence dans le Sud

Huit militaires ont été abattus par des dahalo, des voleurs de zébus armés, dans les environs de la localité d’Ankazoabo (Sud-ouest). Les corps des victimes ont été accueillis dans la capitale, au ministère de la Défense, le dimanche 30 août.

Ce fut l’occasion pour les autorités de réitérer leur volonté de maîtriser la situation. Les militaires ont été tués au cours d’une embuscade alors qu’ils participaient à une opération dénommée « Fahalemana ». Le chef de l’état-major général de l’armée, le général Béni Xavier Rasolofonirina, entouré des principaux chefs militaires, a affiché une certaine fermeté. « Nous allons sévir. Les forces armées considèrent les dahalo comme des ennemis », a-t-il affirmé. Quelques jours auparavant, à Ankazoabo, le Premier ministre a galvaudé ses troupes. Le général Jean Ravelonarivo avait encouragé les militaires à « frapper fort ». Car l’enjeu consiste pour lui à « restaurer l’autorité de l’Etat ».

Depuis quelques temps, un peu plus de 800 militaires participent à l’opération « Fahalemana » dans onze régions de la Grande Ile.  Des renforts ont été envoyés dans le sud depuis la mort de huit des leurs. Les propos des chefs militaires pourraient toutefois engendrer des dérapages sur le terrain. Il y a deux ans, l’opération militaire « Tandroka » avait provoqué la mort de nombreux innocents, d’après divers témoignages. Des villageois avaient été abattus sur la base de simples délations à ce moment. Ce scénario apparaît à chaque opération militaire de grande envergure contre les dahalo dans les différentes régions du pays.

La riposte des militaires pourrait être douloureuse dans les prochains jours, dans le Sud-ouest. D’après des sources locales, une centaine de dahalo rôdent dans les environs d’Ankazoabo. Certains sont armés. Ce qui a abouti à l’embuscade contre les militaires en mission sur place. Les dahalo sont toutefois mêlés avec la population civile. Ce qui risque de provoquer un nouveau cycle de violence et d’importants dégâts collatéraux.