Lundi , 18 décembre 2017
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Invasion de criquets : la lutte continue tant qu’il y a des financements
Un essaim de criquets dans le sud de Madagascar (Ph. Fao)

Invasion de criquets : la lutte continue tant qu’il y a des financements

Les opérations anti-acridiennes se poursuivent tant que les ressources disponibles auprès de la représentation de la FAO le permettent. Durant la première décade du mois d’avril 2015, des traitements contre des bandes larvaires en stades 1, 4 et 5, ont été réalisés. Des vols clairs et de petits essaims dans les zones de Manja, Anakao, Itampolo, pénéplaine de Bekily et Fotadrevo ont été traités.

Des bases aériennes et terrestres sont localisées à Miandrivazo (bases avancées à Mandoto et Manja), Ejedaet Toliara. Les activités de prospections de criquets et de larves ont été focalisées sur Manja – Marerano – Mangoky – Beroroha – vallée de la Mania pour la première base et la pénéplaine de Bekily-Fotadrevo – plaine côtière (Itampolo) – Plateaux Mahafaly et Karimbola pour la seconde base.

Dans la partie centrale de l’Aire d’invasion du Criquet migrateur malgache, entre Mandoto, Malaimbandy et Miandrivazo, les populations acridiennes observées sont grégaires et présentes sous forme de vols clairs et de petits essaims d’ailés matures commençant à pondre. Toutefois, le nombre de ces vols clairs et essaims diminue considérablement par rapport aux trois dernières décades grâce aux traitements réalisés. Dans l’Aire grégarigène, les populations acridiennes sont le plus généralement (70 %) diffuses et très hétérogènes sur le plan phénologique (stade et phase). Néanmoins, dans l’Aire de multiplication initiale Nord (est de Manja), d’importantes populations groupées, sous forme de bandes de larves grégaires et de vols clairs de jeunes ailés, ont été observées entre Manja, Beroroha et Ankazoabo.

Des opérations couteuses

Depuis le début de cette campagne de lutte antiacridienne, le 9 octobre 2014, et jusqu’au 31 mars 2015, les populations acridiennes ont été maîtrisées sur une superficie totale de 351 125 ha (dont 98,2 % par voie aérienne). Sur 237 120 ha, des traitements en barrières contre des concentrations larvaires ont été réalisés. 114 005 ha ont été traités en couverture totale contre des populations groupées de larves âgées et d’ailés. Il faut 1 litre de pesticide pour traiter une surface de 1 ha en couverture totale et 1litre pour 5ha si la cible est encore en stade larvaire. En six mois, 160 000 litres de pesticides ont donc été déversés pour lutter contre les criquets. La FAO a aussi recours à des biopesticides pour les interventions dans les zones sensibles. Le prix est d’environ 15 dollars le kilo, une quantité suffisante pour traiter 20 ha.

Les coûts des opérations anti-acridiennes sont variables. En 2013, la BAD a chiffré sa contribution à 245 000 dollars pour la location d’hélicoptère – 50 heures de vol et des frais logistiques, 180 000 dollars pour l’achat de 10 000 litres de pesticide, 183 000 dollars pour les frais d’assistance aux opérations, soit au total 608 000 dollars pour traiter une surface de 65 000 ha. Quand on sait que 1,5 million ha sont à traiter pour venir à bout de l’invasion de criquets sur trois ans, on comprend pourquoi il faut des millions de dollars, 43 pour être précis. 10 millions de dollars sont encore à trouver pour atteindre le niveau de rémission souhaité en 2016.

A. Herizo