mardi , 18 janvier 2022
enfrit
Un projet d’assainissement a été mené avec la méthode de Haute Intensité de main d’œuvre (HIMO) dans les quartiers situés en basse altitude d’Antananarivo. Au bout de 20 jours de travaux de nettoyage, menés par une centaine de personnes, les autorités ont affiché une certaine satisfaction, mais la population voit la situation d’une autre manière.

Les bas quartiers de la capitale toujours mal lotis

« Cela ne change rien chez nous » a affirmé un quinquagénaire qui n’a pas participé au projet et qui vit depuis une dizaine d’année le quartier de Manarintsoa, longeant le canal d’évacuation d’eau usée, Andriantany. Le projet soutenu par le président de la République visait justement à curer ce canal qui déborde à chaque saison des pluies, avec son lot d’ordures et d’eau sale. Le projet HIMO n’a permis qu’enlever, en effet, les jacinthes d’eau et une infime partie des ordures qui flottent sur l’eau usée du canal. « Pour enlever les boues et les ordures qui flottent, il nous faut des équipements plus performants » reconnaît une participante au projet. Environ 150 personnes issues de familles défavorisées ont été payées quotidiennement pour nettoyer le canal. Elles ont pu travailler durant quelques jours et le projet leur a permis d’améliorer leur revenu, au moins pour un temps déterminé. Mais pas plus. Il s’agissait d’un coup qui ne produira pas un effet durable. Le nettoyage du canal a été loin d’être satisfaisant. Et les revenus obtenus par les participants n’ont permis qu’améliorer leur condition de vie durant quelques jours seulement. Au final, les bas quartiers resteront aussi mal lotis qu’auparavant. Les riverains du canal Andriantany le reconnaissent. « C’est un nettoyage qui n’apporter pas grand-chose » affirme Modeste, un autre habitant des bas quartiers. Aucun véritable projet durable et convaincant n’y a été mené pour changer la situation de manière durable.