Mercredi , 15 août 2018
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Les syndicats réclament la libération de deux agents pénitentiaires
Les agents pénitentiaires ne veulent plus devenir le bouc-émissaire en cas d'incident au niveau d'une maison carcérale.

Les syndicats réclament la libération de deux agents pénitentiaires

Depuis quelques jours, deux agents pénitentiaires ont été placés en détention à la suite de l’évasion d’un détenu de nationalité française durant son transfert à l’hôpital. Le médecin chef de la maison de détention qui a signé l’autorisation de transfert à l’hôpital a été également incarcéré pour complicité d’évasion.

C’est une affaire qui a suscité un véritable remous et qui a jeté un froid dans la relation entre Madagascar et la France, car une fois arrivé à Paris, le détenu fugitif du nom de Houcine Arfa avait accusé, par médias interposés, la Ministre de la Justice de Madagascar et la Procureure de la République d’avoir accepté une somme d’argent de sa part pour faciliter sa fuite. Des accusations qui ont été naturellement niées en bloc par les autorités malgaches.

Les syndicats des agents pénitentiaires, de leur côté, ont plutôt déploré l’incarcération de deux des leurs après cette évasion rocambolesque. « Ce sont les agents pénitentiaires qui deviennent généralement le bouc émissaire dans ce genre de situation alors qu’ils travaillent déjà dans des conditions déplorables », a affirmé un syndicaliste.

A en croire un leader syndicaliste, les deux agents pénitentiaires qui ont accompagné Houcine Arfa à l’hôpital n’étaient même pas armés alors que le transfert a été effectué en taxi. Le concerné est pourtant considéré comme étant un « individu dangereux et armé » d’après un avis de recherche lancé plus tard par la police nationale à la suite de l’évasion.

Les deux syndicats des agents pénitentiaires de Madagascar ont ainsi réclamé la liberté provisoire pour les deux agents incarcérés en raison de cet incident. Ils revendiquent aussi la mise en place d’un Secrétariat d’Etat en charge de leur corps professionnel pour se passer de la tutelle du ministère de la Justice. « L’ordre de transfert a été validé par la ministre de la Justice en personne mais ce sont les agents pénitentiaires qui en subissent injustement les conséquences actuellement », a expliqué un syndicaliste.

Au-delà des considérations politiques dans cette affaire, étant donné que le fugitif avait auparavant collaboré avec la présidence de la République à Madagascar dans le domaine de la sécurité, les syndicats des agents pénitentiaires souhaitent une amélioration de leurs conditions de travail pour éviter ce genre de situation. « Il nous faut des équipements supplémentaires, notamment des véhicules et des armes », affirme le porte-parole des deux syndicats des agents pénitentiaires.