Lundi , 18 décembre 2017
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Madagascar est-il un pays des droits de la femme ?
Etre une décoration pour embellir son foyer ne suffit plus quand on veut être l'égale de l'homme

Madagascar est-il un pays des droits de la femme ?

Culturellement, la Grande Ile est une société matriarcale. Même la nation elle-même est considérée comme une mère. Le féminisme a évolué puisque l’on a essayé de vulgariser le problème de la femme et des filles dans l’approche genre. La condition féminine est une longue bataille même si les droits essentiels comme le vote et l’égalité sont acquis.

A quand une femme présidente de la République de Madagascar. Ce n’est pas pour sitôt. La candidate Saraha Georget Rabeharisoa a sans doute plus de charisme que nombre de ses adversaires, mais elle était loin de faire le poids à l’élection présidentielle. Ses idées, son idéologie écologiste et son programme étaient parmi les meilleurs proposés aux électeurs. L’ennui est que, voter pour une femme est une sorte d’engagement « sentimental ». On voterait pour elle parce qu’on aimerait bien voir une femme élue. Heureusement, de tels préjugés ne sont plus de rigueur dans les élections de proximité.

Engagement politique et électoral

Les femmes députées d’Antananarivo ont été élues en raison de leur appartenance à un parti. Il y a 20% de femmes à l’Assemblée nationale, soit le double qu’en 2005. Christine Razanamahasoa a même eu l’honneur d’être la première femme présidente d’une institution avant d’être délogée du perchoir. La ministre de la Population en charge de la promotion de la femme a appelé à la candidature féminine lors des prochaines élections communales, invitant les hommes dirigeants de parti à agir dans ce sens. Seulement 4% des communes ont une mairesse à leur tête.

Scolarisation des filles

Madagascar a fait des avancées considérables dans la scolarisation des filles. La parité est acquise à l’admission en école primaire, soit un ratio fille/garçon de 1,05. Par contre, les filles sont plus nombreuses à quitter l’école, les parents préférant privilégier l’avenir des garçons, futurs piliers de la famille, des successeurs qui font perdurer le nom de leur père. La parité fille garçon passe est de 0,93 dans le 1er cycle du secondaire et 0,86 dans le second cycle. Plus on monte en niveau, moins il y a de filles scolarisées.

Le droit à l’héritage

Dans la culture malgache, l’épouse et les enfants filles n’héritent pas. Cette aberration est une réalité, d’abord par la législation. Une veuve se trouve au 7ème rang des héritiers de son défunt mari. Les terres et terrains hérités des ancêtres de la famille ne sont transmis qu’aux fils. Comme la loi fait des filles de la famille des héritières, celles-ci doivent renoncer à leur héritage. Souvent, c’est de leur propre gré, estimant que leurs terres sont désormais celles de sa belle famille que leur mari a ou va avoir. En cas de divorce, le partage en parité des biens a fait oublier les deux tiers garantis aux hommes.

 Des femmes travailleuses

La conception de la femme comme étant un mobilier fragile est révolu. 85% des femmes de 15 à 49 ans ont une activité rémunératrice. Ce chiffre élevé cache une dure réalité marquée par le sous-emploi et un niveau de revenu très faible. La promotion de la finance inclusive favorise l’accès des femmes en union au crédit afin d’améliorer le revenu du couple au sein du ménage. 4% des femmes ont eu recours à la microfinance dont 14% d’entre elles ont du mal à rembourser.

Violence et mortalité

31% des femmes malgaches sont victimes de violence. 12 % d’entre elles ont subi une violence physique, 19% à caractère psychologique. La violence sexuelle est un phénomène répandu dans les communautés puisque 7,2% des femmes violentées en sont victimes et 35% des méfaits sont accomplis par un voisin. La plus inquiétante des statistiques et le taux de mortalité maternelle de 480 décès sur 100 000 accouchements. Environ la moitié des femmes enceintes ne se font pas examiner durant leur grossesse et accouchent sans la présence d’un personnel médical.

A.H