Lundi , 18 décembre 2017
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2015 : une année difficile pour l’économie
Face à la crise mondiale des matières premières, Ambatovy n'a pas tenu le choc et ralentit malgré lui la croissance du pays

2015 : une année difficile pour l’économie

Des grèves pénalisantes pour l’économie

La grève de la Jirama était-elle un acte de déstabilisation politique comme l’avait prétendu le régime en place. La raison de ce mouvement était la contestation d’un contrat longue durée passé entre l’Etat et Symbion Power pour la production d’énergie thermique. Le service commercial s’est dégradé mais le délestage ne s’était pas aggravé. Pour mettre fin à la grève, l’Etat a jeté le meneur en prison en ressortant un vieux dossier de simple délit. La compagnie a pu redresser la barre en 2015 en relançant la production thermique sur les sites de Mandroseza, Ambohimanambola et Antanandrano. Une embellie qui risque d’être écourtée à cause d’un incendie qui a détruit les groupes d’Ambohimanambola. Les entreprises, les industriels en particuliers, ont souffert du problème d’électricité.

L’autre grève de l’année est sans doute celle de la compagnie Air Madagascar. Un mouvement suicidaire qui a causé dans le sens littéral du terme la perte de l’entreprise. Quand la stratégie qui consiste à jeter les meneurs en prison ne marchait pas, l’Etat a cédé et a remplacé l’équipe dirigeante. Le nouveau Conseil d’administration a recruté un canadien qui a la réputation de redresser les compagnies aériennes pour les revendre. Le secteur touristique a été pénalisé par la longue grève qui a détruit l’image de la destination, à part d’avoir causé des annulations de réservations.

Une caisse de l’Etat vide

Déjà, le gouvernement a eu toutes les peines du monde à obtenir la très importante aide aux balances de paiement ou Facilité de crédit élargie auprès du FMI. 42 millions de dollars qui tombent dans l’escarcelle de la Banque centrale en fin d’année alors que le déblocage de ce fonds a été espéré dès début 2015. Cette aide budgétaire devrait stabiliser l’ariary après une baisse historique. En même temps, FMI exhorte l’Etat de payer ses arriérés dont les TVA. Rien que pour Ambatovy, cela représente 175 millions de dollars. L’Etat a financé son fonctionnement grâce aux arriérés. Les prestataires ne sont pas payés par le Trésor public. Les entreprises se plaignent d’un harcèlement fiscal généralisé pour renflouer la caisse de l’Etat. Les bailleurs de fonds ont fait les difficiles mais certains projets liés à l’agriculture ont tout de même été financés. Avec cette situation économique peu reluisante, on s’attend à une croissance de 3% au lieu des 5% annoncés en début d’année.

A. Herizo