vendredi , 18 octobre 2019
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2016 à l’heure du PND, enfin du budget disponible

Gervais Rakotoarimanana, ministre des Finances et du Budget (Ph. Trésor)

Gervais Rakotoarimanana, ministre des Finances et du Budget (Ph. Trésor)

Le cadrage macroéconomique 2016 reflète les priorités du Plan national de développement (PND) en tenant compte de la mobilisation des ressources et financements intérieurs, mais aussi des risques pouvant influer sur l’économie. Le gouvernement s’engage à appliquer une gestion rationnelle des finances de l’Etat, se traduisant par l’efficacité et l’efficience dans la gestion des deniers publics. « Le financement du PND va démarrer en fonction des projets prioritaires. En 2016, on disposera des moyens pour démarrer les travaux », déclare le ministre des Finances et du Budget. Les projets du Programme d’Investissements Publics (PIP) seront dotés d’un budget de 1641 milliards d’ariary.

Un PIP orienté sur le PND

Les 48,4 % de l’enveloppe global du PIP seront alloués dans l’axe 3 du PND. Ce qui marque la volonté d’asseoir une croissance forte et inclusive, impulsée par les Collectivités Territoriales Décentralisés. « Les subventions de 200 millions d’ariary pour les districts seront vraiment allouées à partir du moment où c’est dans la loi des Finances », rassure le ministre des Finances face au scepticisme des maires et chefs de régions. On parle de décentralisation alors que dans les faits, c’est une déconcentration. Une commune ne peut savoir combien elle touchera de cette manne financière de l’Etat et doit s’en remettre au chef de district. En outre, l’axe 4 du PND portant sur le capital humain adéquat au processus de développement (29,6% du PIP) renforcera les priorités accordées au secteur social. Les axes 1, 2, et 5 seront financés à hauteur de 22,0% du PIP. Ces projets sont également sélectionnés en fonction de leur caractère urgent, avec des impacts tangibles sur le plan économique et social.

Maximiser les recettes fiscales

La loi des Finances annonce des efforts au niveau des administrations fiscales et douanières pour maximiser les recettes fiscales, l’objectif étant d’atteindre un niveau de taux de pression fiscale élevé permettant d’avoir un espace budgétaire plus large. « Il n’y aura pas de pression particulière sur les entreprises, promet Gervais Rakotoarimanana. Ce n’est pas que je suis le ministre des Finances que je dois défendre aveuglement l’Etat. Il faut aussi penser aux entreprises, car ce sont elles qui nous font vivre. Il n’y aura pas de mesure fiscale qui puisse compromettre l’économie ». Le taux de pression fiscale net gagnera 0,5 point de pourcentage du PIB, par rapport à 2015, soit 10,4 % du PIB en 2016.

Des recettes fiscales à hauteur de 3 429 milliards d’Ariary sont alors escomptées, dont 1 689 milliards d’Ariary en recettes douanières et 1 740 milliards d’Ariary en recettes intérieures. Cette augmentation résultera surtout de la mise en œuvre des mesures législatives et fiscales à effets immédiats sur les recettes. Parallèlement, la relance du secteur privé conjuguée avec les efforts d’investissement public est attendue, afin de maintenir l’équilibre macroéconomique pour une croissance inclusive et un développement durable.

Une croissance dans tous les secteurs

Toutes les actions gouvernementales dans les domaines économique et financier cadrent avec les objectifs fixés dans le PND. Le taux de croissance pour l’année 2016 est estimé à 4,5%. Cette évolution résultera surtout d’un regain de performance dans le secteur agricole (3,3% contre 2,2% pour l’ensemble du secteur primaire), et dans les bâtiments et travaux publics (9,9% contre 5,2% pour l’ensemble du secteur tertiaire. Le secteur des services tirera alors l’essentiel de la croissance économique. La croissance attendue dans le secteur industriel est de 5,2 %, avec notamment 8,0 dans l’industrie textile et 7,9% dans le secteur extractif. Le taux d’investissement escompté pour 2016 est alors de 16,9% du PIB. Le secteur privé apportera des investissements à hauteur de 11,8% du PIB, alors que les investissements publics représenteront 5,1 % du PIB.

Recueillis par A. Herizo