Jeudi , 14 décembre 2017
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Des arriérés de paiement dus aux entreprises publiques

Des arriérés de paiement dus aux entreprises publiques

Dans le cas de Madagascar, l’accumulation d’arriérés est attribuée à plusieurs facteurs : des recettes budgétaires moindres par rapport à ce qui ont été initialement prévues ; d’importantes rigidités budgétaires en matière de dépenses et une faiblesse du marché financier intérieur. Tout ceci s’était traduit notamment par une forte réduction de la liquidité disponible pour honorer les obligations financières de l’Etat.

Les augmentations inévitables des transferts aux entreprises publiques ont été compensées partiellement par une réduction des subventions aux carburants, un assainissement de la solde de la fonction publique, des économies de coûts au niveau des dépenses courantes et un report de dépenses d’équipement non prioritaires. Ces mesures ont produit des économies considérables. En outre, un renforcement du contrôle de la JIRAMA, la compagnie publique d’électricité et d’eau, a contribué à réduire les transferts de 1,7 % du PIB en 2014 à 0,6 % en 2015. En conséquence, le déficit budgétaire a augmenté de manière limitée et ne devrait s’accroître que légèrement en 2015 par rapport aux projections originales.

Cependant, des conditions de financement plus rigoureuses que prévu ont influé sur les plans de règlement des arriérés. Néanmoins, les autorités ont entamé des négociations avec les créanciers en vue de régler les arriérés au moyen de bons du Trésor, et continuent de chercher à trouver des solutions à ce problème. Les arriérés acculés par l’Etat malgache en 2014-2015 sont estimés à environ 3,1% du PIB. A cela s’ajoutent les arriérés dus auprès des fournisseurs de la JIRAMA de près de 0,4% du PIB. Il y a encore les arriérés envers la Banque centrale qui est d’environ 3% du PIB.

Limiter les pertes des entreprises publiques

 Les autorités reconnaissent qu’il importe de maîtriser les pertes financières des entreprises publiques, en particulier la JIRAMA et Air Madagascar. Elles collaborent étroitement avec la Banque mondiale pour réformer ces deux entreprises. En ce qui concerne la JIRAMA, un consultant a été chargé d’établir un plan d’amélioration de la gestion, qui prévoit la restructuration administrative de l’entreprise. Un programme d’audit sur place des 1.000 plus gros utilisateurs a débuté, et les autorités examinent la possibilité d’utiliser des compteurs modernes pour les nouveaux clients afin de réduire au minimum les pertes. Des mesures sont prises aussi pour réduire les coûts, en particulier la remise en état des générateurs à fioul lourd et l’audit des contrats des fournisseurs.

Air Madagascar pèse lourdement sur les finances publiques et les autorités prennent des mesures vigoureuses non seulement pour améliorer la situation financière de la compagnie, mais aussi pour la réorganiser de manière à la rendre compétitive au niveau international. À cet égard, la direction et le conseil d’administration ont été remplacés, et la nouvelle équipe collabore avec la Banque mondiale pour trouver des experts externes qui seront chargés de restructurer la compagnie et d’établir un nouveau plan d’activités sous la direction d’un nouveau président.

 Les arriérés accumulés par l’Etat Malagasy sont :

– au titre du remboursent de TVA envers les sociétés exportatrices dont minières;
– issus des subventions apportées aux entreprises publiques pour contenir l’augmentation des prix des services publics tels que l’eau et l’électricité ;
– nés des subventions apportées aux distributeurs pétroliers dans le but d’administrer les prix à la pompe;
– sur l’exécution des dépenses prévues par le budget ;
– relatifs à des dépenses extrabudgétaires accumulés depuis des années ;
– issus des contributions étatiques dans les projets financés sur ressources extérieures ;
– de paiements envers la Banque Centrale suite au recours à des prêts à court terme (avance statutaire).

Source : Fmi