Samedi , 16 décembre 2017
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Programme de référence de Madagascar : perspectives et actions pour 2016

Programme de référence de Madagascar : perspectives et actions pour 2016

Pour pouvoir prétendre à un accord de financement au titre de la Facilité Elargie de Crédit avec le FMI, Madagascar devrait démontrer sa capacité à poursuivre les réformes dans des domaines clés, en particulier le recouvrement des recettes, la gouvernance économique et la gestion des entreprises publiques. Cette capacité permettrait à son tour d’aider les autorités à mobiliser les ressources intérieures et extérieures pour garantir un financement suffisant.

Les mesures prévues dans le programme de référence visent à s’attaquer aux faiblesses des finances publiques, à préserver la stabilité macroéconomique, à améliorer la gouvernance et à jeter les bases d’une croissance durable. Le programme cadre avec le Plan national de développement pour la période 2015-19 et le Plan d’urgence présidentiel pour la période 2015-16. Pour 2016, faute d’un autre choc majeur, la croissance devrait atteindre 4,3 %, portée principalement par l’augmentation de la production agricole, un redressement des exportations de textiles et du tourisme, et des investissements dans les infrastructures. Cependant, en vue d’accélérer la croissance et de la pérenniser, les autorités collaborent étroitement avec leurs partenaires au développement et des investisseurs privés extérieurs pour financer des investissements publics indispensables. L’inflation devrait rester voisine de 7 % et le déficit budgétaire être réduit à 3,2 % du PIB. Les autorités s’attendent aussi à une augmentation des réserves internationales.

Finances publiques

La loi de finances 2016 qui été présentée à l’Assemblée nationale prévoit une augmentation des recettes à hauteur d’environ 0,6 % du PIB, y compris une opération exceptionnelle pour la régularisation des arriérés d’impôts d’Air Madagascar, et un meilleur ordre de priorité pour les dépenses. Le déficit budgétaire sur la base des engagements devrait tomber à 3,2 % du PIB en 2016. Les recettes devraient augmenter grâce à des mesures visant à améliorer l’administration de l’impôt, à assurer le respect des obligations fiscales, à combattre la fraude et à éliminer certaines exonérations. Des recettes supplémentaires sont attendues de nouvelles mesures telles qu’une accise uniforme de 10 % sur tous les nouveaux véhicules importés, un relèvement de l’accise sur les boissons alcoolisées et non alcoolisées, et une taxe d’arrivée pour les touristes, entre autres.

Les efforts tout aussi importants qui sont déjà déployés pour renforcer l’administration des recettes seront encore intensifiés. En ce qui concerne les dépenses, les autorités élimineront les subventions aux carburants, continueront d’assainir la solde de la fonction publique et de réduire les transferts aux entreprises non rentables. Les autorités s’attendent à ce que les mesures envisagées, en particulier la réduction des subventions aux carburants et aux entreprises publiques, permettent d’accroître les dépenses dans les secteurs prioritaires tels que l’agriculture, l’éducation, la santé et les infrastructures.

Pour que les plans d’investissement gouvernementaux soient efficaces, il faut à la fois améliorer le processus d’investissement et mobiliser des financements supplémentaires. Les efforts déployés pour déterminer avec soin l’ordre de priorité des projets en fonction de leurs retombées économiques sont essentiels. Pour couvrir les besoins substantiels sans nuire à la viabilité de la dette, les autorités doivent recourir le plus possible à des financements concessionnels extérieurs. Les besoins en la matière sont considérables. Si des emprunts non concessionnels étaient nécessaires, il faudrait en limiter le montant et la durée. Enfin, les partenariats public-privé (PPP) doivent reposer sur des bases juridiques solides afin de créer les incitations appropriées pour toutes les parties et limiter les responsabilités de l’État.