dimanche , 5 décembre 2021
enfrit
Relancer le tourisme pour réaliser de grandes ambitions

Relancer le tourisme pour réaliser de grandes ambitions

« Le démembrement du ministère travaille pour avoir de grandes ambitions en matière de tourisme », a affirmé le ministre Benjamina Ramanantsoa. Il soutient que, pour le gouvernement, le délai nécessaire pour atteindre l’objectif de 1 million de touristes est de 5 ans. « Ce que nous faisons maintenant, c’est de mettre en place les infrastructures et l’environnement nécessaires », a ajouté le ministre du Tourisme. Dans sa stratégie, le ministère préconise la recherche de financement extérieur, l’appel à investisseurs, la promotion de projet de construction d’hôtel, la création d’emplois. Le développement des compétences des métiers du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration est au cœur des réformes.
Le secteur touristique veut rééditer la performance réalisée en 2008, l’année de référence afin d’être crédible pour réaliser les grandes ambitions de 500 000 puis de 1 million de visiteurs. Cette année-là, le pays avait beaucoup moins de capacité d’accueil qu’aujourd’hui, seulement 1292 établissements et 14443 chambres. Des 375 000 visiteurs non résidents enregistrés aux frontières, 217 000 sont des touristes de loisirs. Ce record était établi grâce aux touristes français et réunionnais, qui représentent 70% des visiteurs non résidents.
Nosy-Be a accueilli la célébration de la 35ème édition de la Journée Mondiale du Tourisme qui a eu pour thème « Le tourisme et le développement des communautés ». « Ce thème souligne l’importance du tourisme dans la promotion du développement durable, explique le ministre Ramanantsoa. Le tourisme à essence communautaire fait participer la population locale au processus de prise de décision en fonction de leur priorité ».
Se refaire une image après la zone orange de Nosy-Be
En 2013, les français représentaient 55% des arrivées malgré une forte régression, -32% de Réunionnais et -6% de métropolitains. Le marché allemand a par contre explosé avec une progression de 14% mais reste modeste, car il ne représentait que 2% des arrivées. L’impact de la classification en zone orange de Nosy-Be par la France a affecté la destination. Le président de l’Office régional du tourisme évoque un déficit en termes d’image et un problème d’assurance qui ont conduit les tours operator à enlever l’île aux parfums de leur programmation en 2014.
Au premier trimestre, les établissements à clientèle française dépassaient à peine les 10% de taux d’occupation. La levée de la zone orange en juin n’a pas encore d’effet tangible même si la situation s’est nettement améliorée. « Habituellement, 80% de nos chambres sont occupés en haute saison des grandes vacances. Cette année, on est à peine à 40%, explique un chargé de clientèle. On espère que la situation redeviendra à la normale en 2015 ». A Nosy-Be où la majorité des hôteliers sont français, on apprécie la décision du Quai d’Orsay de lever la « sanction », la classification en zone orange. « C’est regrettable que le ministère a mis trop de temps alors que le problème sécuritaire était vite résolu, se plaint un opérateur. On sait que les voyagistes ont besoin de 3 mois pour vendre la destination, c’est sans espoir pour cette année ».