Jeudi , 14 décembre 2017
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COI : le projet Madagascar grenier de l’Océan Indien prend forme

La réunion technique organisée par la FAO et la COI (Ph. FAO)

La réunion technique organisée par la FAO et la COI (Ph. FAO)

Les ministères concernés par la problématique de la sécurité alimentaire au niveau des Comores, de Madagascar, de Maurice, des Seychelles et de La Réunion se sont réunis à Antananarivo pour travailler sur la formulation du Programme régional de la Commission de l’Océan Indien pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (PRESAN). L’idée est d’aider la Grande Ile à produire suffisamment pour elle-même et pour les autres pays de la région.

Réalisé avec l’appui de la FAO, le programme PRESAN vise à promouvoir l’augmentation de la productivité, de la production, de la compétitivité et du commerce inter îles des produits agricoles d’intérêt communautaire, ainsi que la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans l’espace COI. Les pays membres dépendent encore des importations extra régionales pour sa sécurité alimentaire et nutritionnelle. Madagascar doit importer chaque année au moins 200 000 tonnes de riz pour couvrir les besoins de sa population. « Les projections laissent entrevoir une augmentation croissante de ces importations au cours des prochaines années. Certaines des îles importent d’Amérique du Sud et d’Asie jusqu’à 75% de leurs besoins en produits alimentaires », annonce la FAO dans un communiqué. Cette importation massive a un impact sur les pratiques d’alimentation. Les populations ont un régime alimentaire pauvre en fruits et légumes et autres aliments riches en micronutriments.

(Ph : FAO)

(Ph : FAO)

Denrées d’intérêts communautaires

La politique agricole des pays bénéficiaires du PRESAN devra intégrer la composante Nutrition. Il s’agit de rendre disponibles sur les marchés des produits à fortes valeurs nutritives et qui sont jusque-là importés. Des investissements seront réalisés pour promouvoir la culture de ces aliments dans les îles de l’Océan Indien. Madagascar aura un grand rôle à jouer pour la simple raison que la Grande Ile représente les 99 % de la superficie totale de l’espace COI et pas moins de 98 % des terres cultivées. Afin de devenir le grenier de l’Indianocéanie, le pays devra promouvoir la production en quantité et en qualité des denrées d’intérêts communautaires et exporter une partie de ses récoltes vers les îles demandeuses. Les denrées comprendraient le riz, le maïs, l’oignon, les haricots secs, les fruits et les légumes. Pour les produits d’élevage, il y a la volaille, la viande de zébu et de cabri. « La mobilisation des ressources sera une étape cruciale pour le programme », s’accordent à dire le Secrétaire Général de la COI Jean Claude de l’Estrac, et le Représentant de la FAO à Madagascar, Comores, Maurice, Seychelles, Patrice Talla. La prochaine étape sera de présenter le concept auprès des partenaires du développement.

Améliorer la productivité et promouvoir les filières commerciales

Jean Claude de l’Estrac estime que ce programme sur 5 ans pour Madagascar aidera le pays à « améliorer sa production et sa productivité, ses filières commerciales et sa logistique ». Pour devenir le grenier de l’Océan Indien, Madagascar possède ses capacités et ses potentiels mais a besoin « d’améliorer sa capacité de nourrir sa population au service de l’ensemble des pays de la région ». Le SG de la COI déclare que des financements seront mobilisés avec les partenaires techniques. Un accord de siège sera signé entre la COI et Madagascar sur l’implantation à Antananarivo d’une unité de coordination de tous ces projets de production alimentaire dans les filières riz, maïs, grains, oignons, produits d’élevage et d’aquaculture. Le projet de devenir le grenier de l’Océan Indien n’a pas été accueilli avec enthousiasme à Madagascar. La crainte d’un impact non maitrisé comme la pénurie d’un produit, la hausse des prix, l’implantation massive d’entreprises agricoles étrangères, la recrudescence des vols de bétails… est tenace. La FAO assure que le programme offre à la Grande Ile l’opportunité d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et d’exporter ce qu’elle ne consomme pas, tout en répondant aux besoins des autres îles.

Recueillis par A. Herizo