lundi , 6 juillet 2020
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Des médias d’opposition muselés par le régime HVM

Au cours des dernières semaines, notamment à l’approche des élections communales, les médias  proches de l’opposition ont subi diverses tracasseries de la part des dirigeants politiques Malgaches. Les observateurs y voient une velléité d’handicaper des candidats opposants lors de la consultation électorale prévue le 31 juillet 2015.

C’est ainsi que depuis une dizaine de jours, huit stations localisées dans différentes régions du pays, et diffusant la radio Viva, appartenant à l’ancien chef de la Transition, Andry Rajoelina, ne sont plus en mesure d’émettre à la suite d’une décision du ministère de la Communication et le ministère des Télécommunications. Depuis lors, les responsables de Viva ont lancé une campagne de communication dénonçant l’attitude des autorités qui l’empêchent d’émettre dans de nombreuses localités du pays. Ils considèrent cette décision comme une volonté de museler la presse. Des panneaux publicitaires appelant au respect de la liberté d’expression ont été par la suite installés à travers la capitale.

De son côté, Lalatiana Rakotondrazafy, propriétaire de la radio Free FM, et non moins candidate aux élections communales à Antananarivo, a souhaité lancer depuis plusieurs mois sa propre chaîne de télévision, Free TV. « Nous disposons d’une licence de télévision héritée des anciens propriétaires de la radio que nous avons rachetée » a-t-elle précisé à l’occasion d’une émission sur Free FM. Toutefois, les principaux responsables au niveau du ministère de la Communication n’ont jamais voulu autoriser le lancement de Free TV. Depuis le début, Free FM était parmi les radios les plus virulentes à l’égard du président Hery Rajaonarimampianina. Et cela n’est pas du goût des dirigeants du parti au pouvoir, le HVM.

Pour sa part, la radio et la télévision MBS, fondées par l’ancien président, Marc Ravalomanana, sont victimes d’un brouillage de leur fréquence depuis le début du mois de juin. « Nous pourrions porter l’affaire devant la Justice si aucun consensus n’est trouvé. Nous sommes persuadés que le ministère de la Communication n’est pas neutre dans ce dossier », a affirmé le Directeur de Publication de MBS, à quelques journalistes. Le régime HVM ne souhaite surtout pas que l’ancienne première dame, Lalao Ravalomanana, également candidate à la mairie de la capitale, dispose d’un moyen supplémentaire de booster sa campagne électorale.

Du côté de la presse écrite, le journal quotidien La Nation a disparu des kiosques depuis le début du mois de juin. Cette publication a été souvent très critique à l’égard des dirigeants HVM. Après diverses pressions directe et indirecte de la part des autorités, les principaux responsables auraient souhaité apporter une modification à la ligne éditoriale du journal La Nation. Ce changement de ligne avait provoqué une scission au sein de la Rédaction. La publication pourrait toutefois reprendre si les principaux responsables trouvent un compromis.

Pour quelques représentants d’associations de journalistes, ces différents cas dénotent tout simplement le désir du régime HVM de museler les médias proches de l’opposition à Madagascar. D’autant que les dirigeants actuels semblent de moins en moins soutenus par l’opinion publique en général. Les chefs de l’Exécutif ont été ainsi à maintes reprises sifflés par des spectateurs lors d’événements sportifs auxquels ils avaient assisté. Le parti au pouvoir semble, de ce fait, de moins en moins enclin à accepter le langage souvent critique des médias d’opposition.

R.J