jeudi , 20 février 2020
enfrit
Les derniers jours ont été de nouveau marqués par un certain acharnement sur la radio de l’église protestante FJKM pour sa prise de position sur la crise politique à Madagascar.

La radio Fahazavàna de nouveau sur la sellette

Depuis plusieurs mois, la radio Fahazavàna est bien l’unique radio privée à Antananarivo qui diffuse régulièrement des informations sur les manifestations des partisans de Marc Ravalomanana. Ce dernier, depuis les exactions commises par les partisans de Andry Rajoelina sur son groupe de presse, ne dispose plus de moyens de communication de masse.

Se voulant indépendante, malgré le contexte de crise, la radio Fahazavàna continue de faire une large diffusion du déroulement des rassemblements quotidiens de la place du Magro. La station a également accueilli à son studio de nombreux partisans de Marc Ravalomanana qui s’expriment librement sur l’évolution de la crise politique.

Cet état de fait suscite actuellement diverses réactions dans le camp de la Haute Autorité de la Transition. Un conseiller de Andry Rajoelina a suggéré au ministère de la Communication de « prendre les mesures adéquates » pour que la radio Fahazavàna cesse d’agir de la sorte. En clair, une suggestion de fermeture de la radio protestante a été formulée.

La radio Fahazavàna voudrait pourtant afficher son obédience à l’église FJKM. Une part belle de ses programmes est consacrée aux activités de cette église réformée. Sauf que les partisans de Andry Rajoelina n’ont pas oublié que cette église comptait comme vice-président Marc Ravalomanana en personne.
Aujourd’hui, la radio Fahazavàna est considérée sans ambiguïté par les partisans de la HAT comme étant une radio pro-Ravalomanana qui mérite tout simplement la fermeture, pour qu’elle arrête ses émissions. Tout comme ce fut le cas de la radio Mada, scellée par les autorités, et du groupe MBS, incendié par les manifestants pro-Rajoelina en fin janvier. 

Rappelons malgré tout qu’en termes de liberté de la presse, Madagascar a perdu 40 places dans le classement annule de Reporters sans frontière, pour cette année 2009. Une dégringolade provoquée en grande partie par la crise politique. 

La fermeture d’une radio ne peut que constituer un autre coup dur pour la liberté d’opinion et d’expression. D’autant que les partisans de la HAT semblent avoir déjà oublié que c’est la fermeture de la télévision Viva, appartenant à Andry Rajoelina, en décembre 2008, qui a servi de principal prétexte pour déclencher les manifestations qui ont débouché sur la chute de Marc Ravalomanana en mars 2009.