mardi , 18 janvier 2022
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Le ministère de l’environnement de la HAT organise des journées d’information pour sensibiliser le public et les opérateurs sur la loi forestière et le trafic de bois précieux. En attendant une prise de responsabilité générale prônée par le général Raveloharison, le constat est amère sur le plan écologique. L’alliance Voahary Gasy dénonce et travaille pour porter l’affaire bois de rose en justice.

Lois environnementales : le ministère veut informer, les écologistes veulent appliquer

Faire connaître la loi pour mettre fin aux trafics de bois précieux, l’initiative est louable mais une journée d’information dans les locaux du ministère de l’environnement n’est certainement pas le meilleur moyen de toucher les vraies cibles. D’autant plus que ce département bien que dirigé souvent par des généraux, c’est aussi le cas dans ce régime de transition de fait, n’inspire pas la crainte. En cause, un task force relativement efficace mais décrié, l’absence de sanctions assez dissuasives et l’implication supposée de hautes personnalités du pouvoir régulièrement dénoncée mais jamais de manière nominative.

Le nouveau ministre de l’environnement de la HAT ne s’en cache. « Les complicités dans la contrebande de bois précieux est très forte », admet le général Herilanto Raveloharison. Cet ancien magistrat qui a finalement choisi en exclusivité la gendarmerie appelle à des prises de responsabilité à tous les niveaux, dans les collectivités comme dans les forces de l’ordre. Difficile en tout cas de remettre de l’ordre dans un secteur interdit qui a été autorisé de manière exceptionnelle. La mesure de la HAT censée régulariser les exportations de stocks de bois précieux disponibles n’a fait qu’aggraver le pillage des forêts et le trafic.

« Quand on parle d’environnement ou de forêts, on arrive toujours aux bois de rose », souligne le ministre Raveloharison. Il veut que tout le monde connaisse la loi, même si personne n’est censé l’ignorer. «  Il est interdit de couper, d’exploiter, de transporter et d’exporter des bois précieux », résume le général. Il préconise l’amélioration du task force, à commencer par les gens qui le compose et aussi la gouvernance. « Si les éléments du task force sont douteux, il n’y a plus de raison de l’avoir ».

La prise de conscience au niveau du ministère de l’Environnement ne fait pas décolérer les écologistes. Aux avant-postes, l’Alliance Voahary Gasy est en train de constituer un dossier afin de se porter partie civile. Elle dénonce les coupes sauvages et les exportations illicites de bois de rose. Malgré un décret abrogeant l’autorisation exceptionnelle accordée aux opérateurs « HAT », 79 conteneurs de bois de rose ont pu être exportés, début juin 2010.

Selon l’Alliance, le trafic de bois de rose a toujours existé mais n’a jamais été aussi grave puisque cela tournait autour de 1000m3 par an. Or, rien qu’en 2009, sous le régime HAT, plus de 1100 conteneurs ont été exportés, soit environ 25000m3 qui « ont obtenu une autorisation illégale ». Voahary Gasy est en train de se constituer partie civile pour épingler les trafiquants. Ce mouvement écologiste estime que le simple respect de la loi peut mettre fin à ce pillage des forêts primaires de Madagascar. Il milite pour l’application de sanctions exemplaires afin de dissuader les opérateurs véreux.