mercredi , 20 février 2019
enfrit
Revoilà les tapis d'Eric et de Lova de nouveau présents dans la capitale. Ils sont exposés du 02 au 08 mai au Centre Culturel Albert Camus. C'est un rendez-vous désormais régulier.

Art du tissage:
le tapis Mohair d’Ampanihy exposé à Tana

Une fois au moins dans l’année, ils quittent le sud profond pour venir démontrer aux gens de la ville le savoir-faire ancestral des tisseuses de laine d’Ampanihy. A chaque fois, le courant passe. Les gens viennent, s’arrêtent, s’extasient et se félicitent du fait que de nouveau le « vita malagasy » fait ses preuves et dément sa réputation vite faite d’approximatif. « Tout le monde flashe dessus mais rien n’est parti encore », constate les exposants.

Les tapis d’Ampanihy s’apprécient en fait à différents niveaux. Il y a d’abord ceux qui découvrent et qui constatent que les tapis mohair d’Ampanihy ne sont plus seulement ceux habituellement faits de laine délibérément effilochée. Ceux d’Eric et de Lova sont épais et dotés d’une texture certes douce mais ferme et épaisse. A la persane, disent les experts. Ils sont exécutés avec 70 000 noeuds par mètre carré par rapport aux 40 000 habituellement exigés par les normes, précisent les techniciens.

Le résultat est à la hauteur des espérances de leur concepteur : qualité et rigueur sont au rendez-vous. Parler d’objet d’art ici n’est pas surfait. On devine en effet les journées de travail consacrées à la réalisation d’un seul produit, et à l’attention qui y est portée.

Beaucoup apprécient des yeux sans pour autant avoir la possibilité de s’en offrir. Le mètre carré coûte 500 000 Francs malagasy ( environ 93 Euro). Eric se félicite quand même d’avoir une clientèle fidèle. « Ma plus grande satisfaction est d’abord de voir que les gens sont contents, qu’ils apprécient ».

Il ne peut en être autrement. Si la laine vient d’Afrique du Sud ( la chèvre angora malgache ne fournit malheureusement pas assez de laine) et même si elle est traitée en France, le savoir-faire, lui, est bel et bien l’apanage des femmes d’Ampanihy. Les tapis ont la couleur de la terre qui les ont vus prendre forme : marron, beige obtenues avec des teintures végétales chaudes: le sud arride et profond. Les figures qui y sont dessinées sont également fidèles à l’esprit de cette terre : les aloalo sont revisités, certes, mais omniprésents même si quelquefois, quelques incursions en orient sont effectuées.

Sans complaisance aucune, si dans la capitale, ils ne font que quelques petits tours, assurément ils valent le détour !