Lundi , 18 décembre 2017
enfrit
C'est un quartier encore recensé au sein de la Commune urbain d'Antananarivo. Andranovory est situé à l'extrême Est de la capitale. C'est là que l'on rencontre souvent Manjaka, 15 ans, un jeune berger qui fait paître ses quelques dizaines de moutons dans les champs où les herbes sont de plus en plus séchées par le froid de l'hiver qui prend fin en ce début du mois de septembre.

Etre berger dans une capitale ambivalente en 2014

En attendant la prochaine saison des pluies, les moutons de Manjaka s’adaptent aux réalités du terrain. Ici, il n’est pas dans l’habitude des paysans de mobiliser les grands moyens afin d’améliorer le cheptel. Tout va lentement, mais sûrement quand même. Manjaka fait rentrer les moutons. Cela rend généralement curieux un passant. « Vous faites quoi au juste de ses moutons ? » demande-t-il à Manjaka. « On les vend ». C’est la réponse du jeune berger. « A combien ? » poursuit son interlocuteur. « A 200.000 Ariary ou un peu moins, cela dépend», répond Manjaka. « A qui ? » continue le passant. « A des karàna ou à des Malgaches aussi de temps en temps ». Les karàna, ce sont les membres de la communauté indienne ou pakistanaise implantés à Madagascar depuis plusieurs générations. Malgré tout, ça rapporte un tout petit peu le fait d’être berger dans une ville comme Antananarivo. La capitale malgache est souvent une ville difficile à classifier. On parle souvent de « ruralisation de la vie urbaine ». Une vache sur une voie rapide, c’est assez fréquent. On vit souvent au rythme des charrettes. Car toutes les tentatives d’en interdire la circulation dans les rues de la capitale ont échoué. Manjaka, lui, se contente de ses champs à Andranovory, un quartier lui-même difficile à catégoriser où les villas résidentielles côtoient souvent les bicoques des éleveurs. Ainsi va la vie dans un quartier périphérique d’Antananarivo. Cette ambivalence n’empêche pas Manjaka de vendre souvent un mouton ou deux par semaine. Il ne demande pas plus.