Lundi , 18 décembre 2017
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C'est à coup de 600 Ariary et de 800 Ariary qu'il gagne sa vie, dans la ville d'eau, Antsirabe, la capitale paisible de la région du Vakinankaratra, située à 170 kilomètres au sud de la capitale du pays, Antananarivo. Depuis toujours, Antsirabe est connue à travers les pousse-pousse, ce moyen de locomotion à traction humaine qui fait vivre des centaines de familles dans les environs de la capitale du Vakinankaratra.

Fulgence, le tireur de pousse-pousse

Depuis six ans, Fulgence travaille dur pour gagner un peu plus d’argent que ce qu’il a pu obtenir en tant qu’agriculteur à Manampisoa, un village situé à une quinzaine de kilomètres à l’Est d’Antsirabe. « Il faut environ trois heures de marche pour arriver à mon village » confie-t-il, avant de continuer: « je rentre chez moi généralement à la fin de la semaine, pour revenir à Antsirabe le lundi ». Pour rejoindre son « boulot », ou plutôt son second boulot, Fulgence quitte Manampisoa à trois heures du matin à pied. Mais cela ne va pas l’empêcher de finir dès la même journée du lundi, les quelques dizaines de courses que ses passagers vont lui demander. Une course vaut de 600 Ariary à 1500 Ariary environ. « Je suis en même temps agriculteur à Manampisoa, nous produisons suffisamment de maïs, de manioc et de riz pour toute l’année afin de nourrir la famille, mais il nous faut aussi un peu d’argent pour quelques achats, et j’ai décidé de travailler à Antsirabe » raconte Fulgence.

C’est un mode de vie typique du milieu rural. L’agriculture est généralement une agriculture de subsistance, et les paysans sont contraints de s’adonner à d’autres métiers dans la ville ou la bourgade la plus proche pour gagner un peu plus d’argent. C’est un mode de vie qui sied à des paysans comme Fulgence.

Il passe généralement une journée tranquille, il discute avec des « collègues » tireurs de pousse-pousse, entre deux courses, puisque c’est également le moment du repos. Pour rentrer chez lui à Manampisoa, Fulgence doit quitter Antsirabe au plus tards vers 16 heures, « sinon la nuit tombe avant que j’arrive chez moi » confie-t-il. C’est une vie « difficile » pour certains citadins, mais une vie « normale » pour Fulgence et de nombreux paysans comme lui. Il lui arrive de travailler tard le soir, quand il a raté l’heure fatidique de rentrer au village à la fin de semaine, mais cela aussi, il trouve « normal » et cela lui permet de gagner un peu plus d’argent.