Jeudi , 14 décembre 2017
enfrit
Depuis le début de la crise, le nombre des marchands ambulants et des vendeurs qui ont choisi d’occuper les trottoirs et une partie de la chaussée du centre d’Antananarivo n’a cessé d’augmenter. Parmi les milliers de vendeurs dans les rues de Tanà, il y a Hery. Il était auparavant, agent de sécurité dans une entreprise textile qui a mis la clé sous le paillasson en début 2010.

Hery vend dans la rue et brave les interdictions

Il était là, en train de tenir une banderole, bravant les forces de sécurité qui devaient être déployées par la Commune d’Antananarivo. Le 19 juin, les vendeurs illégaux qui occupent les rues du centre de la capitale ont tenu une manifestation près de l’Hôtel de ville. Ils savaient, en effet, que les autorités communales allaient les chasser. La négociation était âpre. Au final, la mairie propose un axe routier entier, celui d’Ambodifilao, pour les marchands ambulants. Mais ni les vendeurs, ni les riverains ne sont d’accord. Hery, lui, comme beaucoup de ses amis, préfèrent le statu quo. Mais ils savent que l’on ne peut pas se contenter indéfiniment d’une condition de travail illicite. Hery vend des lunettes de soleil fabriquées en Chine et importées par des commerçants Indiens à Antananarivo. Son ami, Kelly, vend des télécommandes de différents types. C’est la fermeture des usines, à la suite de la crise de 2009 qui les a poussés tous les deux dans la rue. Leur seul souhait, c’est de retourner dans les usines, ou qu’on les laisse tranquille dans les rues, vendre sans se faire chasser par les agents communaux ou par les policiers. La situation est difficile à gérer pour les autorités qui se trouvent entre le marteau et l’enclume. Les responsables communaux sont animés du désir d’assainir la capitale et de laisser la rue et les trottoirs aux piétons et aux automobilistes. Mais ils ne souhaitent pas non plus provoquer le mécontentement de milliers de vendeurs illégaux, capables de provoquer une véritable émeute. Hery et ses amis étaient prêts à en découdre.