Lundi , 18 décembre 2017
enfrit

L’itinéraire d’un vendeur ambulant de letchi

Il s’appelle Hery. Il a 27 ans et sillonne les rues de la capitale avec son panier rempli de letchi. « J’achète en gros chez des fournisseurs venus d’Ifanadiana, dans le Sud-Est, car les letchis de la région de Toamasina ont été épuisés depuis fin décembre » affirme Hery, qui spécifie que sa marge bénéficiaire est assez modique en raison de la hausse incontournable du prix chez les grossistes étant donné qu’il ne reste plus que peu de temps pour écouler la production de letchi du Sud-Est de la Grande Ile.

Hery est un habitant temporaire de la capitale, vivant dans le quartier populaire d’Anosibe où il loge provisoirement chez un proche. « Je viens de la localité d’Ambohimandroso, et je viens à Antananarivo de temps à autres pour vendre afin de gagner un peu d’argent », déclare-t-il avant de continuer : « une partie de l’année, je cultive nos champs et nos rizières à Ambohimandroso, mais l’agriculture ne suffit pas pour nourrir ma famille ».

Contrairement à certains vendeurs à la sauvette, Hery préfère circuler à travers le centre d’Antananarivo. Il sait pertinemment que, régulièrement, les vendeurs ambulants qui occupent les rues et les trottoirs, faute d’emploi stables, sont quotidiennement chassés par les autorités municipales.

Ambohimandroso est situé à un peu plus de 80 kilomètres d’Antananarivo. Mais Hery effectue régulièrement le trajet en taxi-brousse. Tout comme lui, de nombreux habitants des régions périphériques d’Antananarivo viennent régulièrement dans la capitale pour devenir des vendeurs ambulants. Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes aux autorités de la ville. Raison pour laquelle, certains d’entre eux, comme Hery, évitent d’occuper illicitement des lieux où il est théoriquement interdit de placer des étals pour vendre. Tous les jours, c’est la course  poursuite entre la police des marchés et les vendeurs ambulants à Antananarivo.