Mardi , 12 décembre 2017
enfrit
C’est de la démonstration de force et le champion n’est pas difficile à désigner, le candidat Hery Rajaonarimampianina. Le ministre des Finances et du Budget sortant fait l’objet de plus en plus de railleries de la part de ses adversaires. Et pourtant, c’est l’ancien premier ministre Camille Vital qui est le seul à avoir été arrêté dans son élan pour cause de suspicion de blanchiment d’argent. Le fossé entre les prétendants riches et puissants et les candidats aux grandes idées se creuse au fur et à mesure de la campagne électorale.

Haro sur les milliards de la campagne électorale des candidats de la transition

Des moyens illimités, ce que semble avoir le candidat Hery Rajaonarimampianina. Le raccourci est facile pour s’interroger sur la provenance de ce fonds de campagne vertigineux. Et c’est celui qui aurait dû être le candidat du pouvoir qui ouvre les hostilités. « Ces derniers jours, l’ancien ministre des finances dépense des milliards et des milliards, où était tout cet argent, pourquoi il n’en a pas fait bénéficier la population ». Le mot n’est pas prononcé mais le soupçon sur l’utilisation des deniers publics par le candidat du pouvoir est étaléau grand jour par celui qui a perdu cette faveur, Edgard Razafindravahy.

Il faut dire que Hery Rajaonarimapianina fait une démonstration de force, illustrant son slogan « nouvelle force pour Madagascar ». Malheureusement pour lui, cette force est perçue comme étant celle de l’argent. L’ancien ministre des Finances peut compter sur ses amis les nouveaux riches ou les plus enrichis de la transition. Il a même réussi à débaucher quelques un de ces bailleurs de fonds de propagande à l’ancien premier ministre Camille vitale. Il n’y a pas d’équité dans cette bataille de l’argent puisque le général candidat évincé par le congrès du parti TGV a été privé de ses moyens.

Les 350 véhicules 4×4 du candidat Vital sont toujours bloqués au port de Toamasina. Ce sont des contributions d’amis de l’étranger, ces voitures sont prévues être utilisées pour la campagne électorale et il y en aura qui seront remises en donations aux forces de l’ordre », a promis Camille Vital. La promesse électorale n’a pas fait son effet. Pis, le candidat de Hiaraka isika se voit refuser le dédouanement d’une forte cargaison de T-shirts à Ivato, 90.000 pièces selon les indiscrétions. « Nos T-shirt proviennent du même fournisseur que les autres, pourquoi les nôtres sont bloqués à la douanes », s’interroge Camille Vital.

Le coup d’arrêt dont a été victime Camille Vital viendrait-il de son adversaire et ancien ministre des Finances et du Budget qui aurait pu influencer les services douaniers. Le SAMIFIN ou Service de renseignements financiers et de lutte contre le blanchiment d’argent a démenti les allégations selon lesquelles il serait à l’origine du blocage des biens et véhicules du candidat Camille Vital mais reconnait avoir été saisi pour enquêter sur cette affaire.

« La société importatrice au vu de leur compte bancaire n’a pas la possibilité d’acheter ces véhicules ni même de payer les frais de dédouanement » a déclaré le DG de la SAMIFIN, estimant le coût d’une Hyunday Santa Fe 7700 dollars/voiture. « Je n’ai aucun grief contre l’ancien premier ministre… C’est un processus, ils peuvent faire dédouaner les marchandises et véhicules concernés » a ajouté Jean Claude Razaranaina, signalant tout de même certaines irrégularités sur la domiciliation bancaire. Le mal est fait puisque la campagne se termine dans quelques jours.

Seule une présence au deuxième tour pourrait consoler le candidat Camille Vital. Qu’il se rassure, il n’est pas le seul candidat de la transition à qui les services de douanes devenus très actifs fait de petits malheurs. L’ancien ministre des Affaires Etrangères Pierrot Rajaonarivelo, l’ancien vice-premier ministre chargé de la Décentralisation Hajo Andrianainarivelo et l’ancien ministre de la Santé Alain Tehindrazanarivelo ont subi les mêmes tracasseries douanières.

Les prénoms étant d’usage lors de la campagne électorale, le candidat Hery se fait-il aider pour écarter ses adversaires les plus craints, à savoir Camille, Hajo et Pierrot. D’autres milliardaires sont en course mais leur rôle durant la transition était moindre et leur patrimoine datait déjà d’avant. Edgard, le PDS d’Antananarivo se bat seul, lâché par Andry Nirina et une partie du TGV. Comme le membre du CST Sylvain (Rabetsaroana) qui n’a pas reçu la bénédiction de l’Avi de Norbert Lala, le cerveau de la présidence de la transition, il ne manque pas de moyen.